<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?><feed xmlns="http://www.w3.org/2005/Atom" ><generator uri="https://jekyllrb.com/" version="3.10.0">Jekyll</generator><link href="https://ampersandpresslab.github.io/carnetlab/feed.xml" rel="self" type="application/atom+xml" /><link href="https://ampersandpresslab.github.io/carnetlab/" rel="alternate" type="text/html" /><updated>2026-05-18T16:27:44+00:00</updated><id>https://ampersandpresslab.github.io/carnetlab/feed.xml</id><title type="html">Carnet du lab</title><subtitle>Ce carnet rassemble mes recherches en cours sur l’histoire de l’imprimerie, en particulier sur les manufactures francophones de caractères typographiques en bois.</subtitle><author><name>Éric Nunes</name><email>ampersandpresslab@gmail.com</email></author><entry><title type="html">Auguste Martin</title><link href="https://ampersandpresslab.github.io/carnetlab/carnet/Martin" rel="alternate" type="text/html" title="Auguste Martin" /><published>2022-07-03T00:00:00+00:00</published><updated>2022-07-03T00:00:00+00:00</updated><id>https://ampersandpresslab.github.io/carnetlab/carnet/Martin</id><content type="html" xml:base="https://ampersandpresslab.github.io/carnetlab/carnet/Martin"><![CDATA[<h1 id="auguste-martin-père-et-fils">Auguste Martin père et fils</h1>

<p>La fabrique Martin est dirigée par Auguste père et fils de 1875 à 1937, avec une éclipse de 1930 à 1935.</p>

<h2 id="auguste-martin-1838-1900">Auguste Martin (1838-1900)</h2>

<p>C’est en 1866 qu’Auguste Martin, originaire de Lyon, s’installe avec sa famille à Ardon en Suisse. Il travaille aux Forges pour la <em>Société des Charbonnages et hauts fourneaux du Valais</em> jusqu’à leur dissolution en 1870. Entre 1871 et 1874, il se lance dans le commerce de bois, en restant sur le site des Forges dont il occupe désormais la scierie. Par annonce dans la <em>Gazette du Valais</em>, il propose la fourniture de bois de chauffage et de construction.</p>

<p>En août 1874 il dépose un brevet, en France, pour un pantographe destiné à la production des caractères en bois. Dans le même temps, par annonces dans la <em>Gazette du Valais</em> on apprend qu’il cherche à se constituer un stock de bois de poirier. Puis, en 1875, il fonde sa fabrique de caractères en bois.</p>

<p>Il a un fils, également prénommé Auguste (1862-1942) et une fille, Adèle (18..-1936) qui épousera un de ses dessinateurs, François Berche, qui prendra une place importante au sein de la fabrique.</p>

<h2 id="auguste-martin-fils-1862-1942">Auguste Martin fils (1862-1942)</h2>

<p>Auguste fils est né à Lyon. En 1895, il épouse Jeanne Bonvin-Chappuis. Il a 38 ans à la mort de son père, en 1900, quand il prend la tête de la fabrique. Il en sera directeur, puis directeur commercial, appuyé par son beau-frère François Berche, chef de la production puis directeur de la succursale de Paris.</p>

<h1 id="la-succession-des-raisons-sociales">La succession des raisons sociales</h1>

<p>La fabrique que crée Auguste Martin en 1875 prendra plusieurs noms, statuts et régimes de sociétés jusqu’en 1943.</p>

<h2 id="a-martin--h-coderey-1875-1876">A. Martin &amp; H. Coderey, 1875-1876</h2>

<p>En août 1875, Martin s’associe à Henri Coderey pour lancer la fabrique <strong>A. Martin &amp; H. Coderey</strong>. Il la dote ainsi, comme en témoigne l’une des premières publicités connues (voir illustration), d’une emprise à Paris, au 8 rue Mazagran, dirigée par Coderey. Mais la fabrication est réalisée sur le site des Forges à Ardon. Cette raison sociale n’est en usage que pour les années 1875-1876, dans quelques publicités et sur le premier catalogue de spécimens.</p>

<figure>
  <a href="/assets/images/martin/Martin-Coderey-typologie-v30-oct1875.png">
  <img src="/assets/images/martin/Martin-Coderey-typologie-v30-oct1875.png" />
</a>
  <figcaption>Publicité de septembre 1875 parue dans <em>La Typologie-Tucker et Circulaire Caslon : recueil de l'imprimerie et de la lithographie : revue bibliographique, n° 29 Vol. 1, septembre 1875</em></figcaption>
</figure>

<p>Le contenu de la publicité en lui-même illustre l’ambition de A. Martin. Il y vante – dans une publication professionnelle française (Tucker, son éditeur, est également le représentant de Caslon pour la France) – la production d’une nouvelle fabrique suisse (le marché français en compte au moins 6 à cette date !), avec une succursale parisienne. Le caractère mécanique de la fabrication est annoncé en 3 langues, indiquant que Martin vise d’emblée un marché international. La mention d’un pantographe exclusif breveté en France et de “machines spéciales” n’est pas anodine. En effet, à cette date, il est le premier à revendiquer travailler au pantographe . Sa concurrence directe en France (principalement à Bressuire) travaille à la main ou de façon mixte (main et fraiseuse) mais pas au pantographe. Seul <strong>Charles Bonnet</strong> utilise peut-être déjà ce type de machine. En plus des produits de son catalogue, il propose le travail à façon, en n’importe quelle taille, sur simple envoi d’un modèle.</p>

<p>Auguste Martin a une vision claire de son projet commerciale. On ne connaît pas la date à laquelle l’idée lui vient de passer du commerce du bois à la fabrique de caractères, mais il le fait de façon très méthodique :</p>

<ul>
  <li>Dépôt d’un brevet pour un pantographe destiné à la production de caractères en bois en 1874 (voir plus bas) ;</li>
  <li>constitution d’un stock de bois propre à alimenter sa production ;</li>
  <li>implantation d’une succursale à Paris dès la création de la société.</li>
</ul>

<p>Le tout se concrétise par la publication, fin 1875, d’un spécimen de plusieurs centaines de références.</p>

<h2 id="a-martin--cie-1877-1930">A. Martin &amp; Cie, 1877-1930</h2>

<p>Ce lancement ambitieux sera peut-être la cause, en 1877, de la dissolution de la société en raison de difficultés avec les créanciers. Coderey n’apparaît plus dans le nom de l’entreprise, on perd sa trace. De cette date à 1900, c’est Auguste père qui dirige l’entreprise. Il est secondé par son fils et par son gendre François Berche, alors dessinateur pour la fabrique. Dans ce contexte, dessinateur est à prendre au sens littéral, pour les motifs abstraits ou figuratifs gravés et non dessinateur de caractères, la fabrique ayant dès au moins 1897, une branche gravure, en particulier pour alimenter son catalogue de galvanoplastie.</p>

<p>Le succès est au rendez-vous. En 1884 la production s’élève à 400 quintaux et la fabrique emploie 34 ouvriers <sup id="fnref:1" role="doc-noteref"><a href="#fn:1" class="footnote" rel="footnote">1</a></sup>.</p>

<p>Ses produits sont présentés dans les expositions, il y remporte plusieurs titres :</p>

<ul>
  <li>Diplôme d’honneur à Zurich en 1883 (Groupe II , classe 9 ( Imprimerie et librairie )) ;</li>
  <li>Médaille d’argent à Paris en 1889 ;</li>
  <li>Médaille d’argent à Genève en 1896 (catégorie procédés de reproduction) ;</li>
  <li>Médaille d’or à Bruxelles en 1897.</li>
</ul>

<p>La presse Valaisanne se fait également souvent l’écho des succès de la société.</p>

<blockquote>
  <p><em>Industrie nationale</em> . – La manufacture de caractères en bois <strong>A . Martin et Cie</strong>, à Ardon, a préparé, en vue de l’Exposition universelle de Paris, divers travaux dont on fait le plus grand éloge. Ces œuvres d’art consistent en affiches de grand format, tirées en plusieurs couleurs, et dont le texte se rapporte à des sujets de théâtre, concerts, chevaux, etc. La gravure des clichés et des lettres est irréprochable et le choix des caractères a été fait avec beaucoup de goût. Il a fallu, pour arriver à un degré tel de perfection, un travail intelligent, persévérant, et un sentiment très développé de l’harmonie des formes et des couleurs. Aussi, peut-on voir dans ces travaux un des plus beaux résultats obtenus jusqu’à ce jour par la typographie. <em>Journal et feuille d’avis du Valais</em>, 6 avril 1889.</p>
</blockquote>

<figure>
  <a href="/assets/images/martin/Martin-Pub-bullimp-1890.png">
  <img src="/assets/images/martin/Martin-Pub-bullimp-1890.png" />
</a>
  <figcaption>Publicité de 1890 parue dans <em>Bulletin Officiel de l'Union des imprimeurs, 1890.</em></figcaption>
</figure>

<p>Un article de 1897 évoque une visite de la fabrique par un groupe d’imprimeurs et livre quelques informations techniques :</p>

<blockquote>
  <p><em>À Ardon</em>. – On écrit sous ce titre à la Revue, de Lausanne : à la suite d’une gracieuse invitation, le personnel de notre imprimerie a visité dimanche une installation des plus intéressante, celle de la manufacture de caractères en bois de MM. Martin &amp; Cie, à Ardon. Comment se font les lettres d’affiches sur 6 ou 30 cicéros ? Rien de plus simple. Vous prenez une bille de poirier bien sec. Vous la sciez et la débitez aux dimensions voulues, en une quantité de morceaux, petits ou grands, que l’ouvrier intelligent, aidé de la machine habile et précise, vous transforme rapidement en une lettre élégante, bien d’équerre et de hauteur. Mais la maison Martin ne fait pas que des caractères en bois. Elle est supérieurement outillée pour la galvanoplastie, la zincographie, la stéréotypie et tous les procédés les plus modernes de reproduction typographique. Nous avons vu et admiré des épreuves en 3 couleurs absolument remarquables, de planches dues au burin du xylographe ou gravées par d’autres procédés plus rapides de phototypogravure. Sous ce rapport, la Suisse romande peut rivaliser à tous les points de vue avec la production étrangère. La maison Martin s’est d’ailleurs acquis depuis bien des années dans le monde artistique et typographique une réputation européenne. <em>Gazette du Valais</em>, 18 août 1897</p>
</blockquote>

<p>Auguste Martin est populaire à Ardon, en effet il emploie beaucoup d’habitants de la ville et sa nécrologie le décrira comme rien moins que le “bienfaiteur pour la localité, [qui] contribua par son énergie et son amour du travail à doter Ardon d’une industrie actuellement prospère et qui fait vivre un certain nombre de nos ressortissants”<sup id="fnref:2" role="doc-noteref"><a href="#fn:2" class="footnote" rel="footnote">2</a></sup>. Sa fille est également très impliquée, la famille semble pratiquer une forme de paternalisme industrielle. Madame Berche-Martin, a pour habitude d’organiser des “arbres de Noël” pour les enfants des employés<sup id="fnref:3" role="doc-noteref"><a href="#fn:3" class="footnote" rel="footnote">3</a></sup>.</p>

<figure>
  <a href="/assets/images/martin/Martin-pub_materieltypo-litho-1904.png">
  <img src="/assets/images/martin/Martin-pub_materieltypo-litho-1904.png" />
</a>
  <figcaption>Publicité de 1904 parue dans <em>Le matériel Typo-litho, 1904</em> (Source Forney)</figcaption>
</figure>

<h3 id="dauguste-père-à-auguste-fils">D’Auguste père à Auguste fils</h3>

<p>En 1900 à la mort d’Auguste père, le fils prend la direction de l’entreprise. Son beau-frère François Berche sera responsable de la production puis directeur d’une nouvelle succursale à Paris. Auguste fait construire une petite usine hydro-electrique sur la Lizerne pour alimenter son usine, qui jusqu’alors fonctionnait à la force hydraulique et à la vapeur. En 1908, il fait agrandir aussi ses ateliers <sup id="fnref:4" role="doc-noteref"><a href="#fn:4" class="footnote" rel="footnote">4</a></sup>.</p>

<figure>
  <a href="/assets/images/martin/Martin-Pub1908.png">
  <img src="/assets/images/martin/Martin-Pub1908.png" />
</a>
  <figcaption>Publicité de 1908 parue dans <em>Bulletin Officiel de l'Union des imprimeurs, 1908.</em> (Source Forney)</figcaption>
</figure>

<p>En 1912, il ouvre une fabrique de matériel d’imprimerie à Paris, au 16 rue Labrouste<sup id="fnref:5" role="doc-noteref"><a href="#fn:5" class="footnote" rel="footnote">5</a></sup>. Les affaires sont florissantes jusqu’à la Grande Guerre, mais, malgré la diversification de l’entreprise (galvanoplastie, matériel, meubles), les conséquences économiques du conflit se font sentir. Elles se traduisent par la chute des valeurs étrangères, et mettent la société – principalement tournée vers l’exportation – en grande difficulté de trésorerie. Pourtant la fabrique garde sa réputation, en témoigne en 1920 une nouvelle visite organisée pour les typographes suisses<sup id="fnref:6" role="doc-noteref"><a href="#fn:6" class="footnote" rel="footnote">6</a></sup>.</p>

<p>Mais la société n’échappera pas à la faillite. En 1930, elle est mise en liquidation, la fabrique continue néanmoins ses activités, mais sous le régime d’une société anonyme.</p>

<h2 id="la-manufacture-de-caractères-en-bois-s-a-1930-1935">La <em>Manufacture de caractères en bois, S. A</em>., 1930-1935</h2>

<p>En 1930, Martin cède donc sa fabrique à une société anonyme, <strong>La Manufacture de caractères en bois, S. A.</strong>. et disparaît du conseil d’administration de la nouvelle entité.</p>

<blockquote>
  <p><em>Une industrie Valaisanne</em>. Sous la raison sociale <strong>Manufacture de caractères en bois, S. A.</strong>, il est fondé une société anonyme qui a son siège à Ardon. La société a pour but l’achat des immeubles de la fabrique <strong>A . Martin et Cie</strong>, à Ardon, pour le prix de 99 000 fr., la continuation de son exploitation tant en ce qui concerne la fabrication de caractères en bois, que de la galvanoplastie. Le capital social est de 200 000 francs, divisé en 200 actions de 1000 fr. chacune, nominatives. Le Conseil d’administration se compose actuellement de trois membres : MM . Ferdinand Bruno, industriel, d’Ardon, à Nyon, nommé président, François Bonnin, commerçant de Thonon (France), à Nyon, nommé secrétaire, et Armand Genetti, commerçant, de et à Ardon, membre. Hermann Tellenbach, commerçant, d’Ebligen (Berne), est nommé directeur. <em>Journal et feuille d’avis du Valais</em>, 7 août 1930</p>
</blockquote>

<p>La société explore de nouveaux débouchés commerciaux, le marché du caractère en bois est depuis longtemps saturé et la demande baisse. En 1931 une annonce<sup id="fnref:7" role="doc-noteref"><a href="#fn:7" class="footnote" rel="footnote">7</a></sup> nous apprend que la manufacture cherche un représentant pour la Suisse germanophone, secteur qui, pour le caractère, est très bien alimenté par la fabrique <strong>Roman Scherer</strong> à Lucerne. Il s’agit plus probablement de placer les nouveaux produits de la manufacture.</p>

<p>Car en 1932, la manufacture s’est encore diversifiée, cette fois au-delà du domaine de la typographie, elle propose désormais la réalisation d’enseignes lumineuses. Si elle compte à cette date une trentaine d’ouvriers, on ignore combien sont encore dédiés à la branche typographie ?<sup id="fnref:8" role="doc-noteref"><a href="#fn:8" class="footnote" rel="footnote">8</a></sup>.</p>

<p>Début août 1933, un incendie détruit une partie de la fabrique, cet accident précipitera une nouvelle faillite, déclarée en octobre 1935.</p>

<h2 id="renaissance-éphémère-de-la-société-a-martin--cie-1935-1937">Renaissance éphémère de la société <em>A. Martin &amp; Cie</em>, 1935-1937</h2>

<p>C’est à cette occasion qu’Auguste Martin reprend la main sur ce qu’il devait considérer comme son héritage. En septembre 1935, il crée avec Ignace et Joseph Delaloye, une <strong>Nouvelle société anonyme pour la fabrication des caractères en bois</strong>, puis avec son beau-frère et fidèle collaborateur François Berche, ils recréent <strong>A. Martin &amp; Cie</strong> sous la forme d’une société en nom collectif quelques jours seulement avant la faillite officielle de la <strong>Manufacture de caractères en bois, S. A.</strong>.</p>

<h2 id="auguste-martin--cie-sa-puis-nouvelle-manufacture-de-caractères-en-bois-sa-ardon-1937-1943"><em>Auguste Martin &amp; Cie S.A.</em> puis <em>Nouvelle manufacture de caractères en bois S.A. Ardon,</em> 1937-1943</h2>

<p>Mais en 1937, les statuts changent à nouveau, <strong>Auguste Martin &amp; Cie</strong> redevient une société anonyme. Il semble qu’une autre société l’englobe, la <strong>Nouvelle manufacture de caractères en bois S.A. Ardon</strong>, qui a des activités toujours plus diversifiées. Quoi qu’il en soit, Auguste Martin n’est probablement plus aux affaires, il meurt en 1942. La société à son nom est radiée du registre du commerce en 1943.</p>

<p>En réalité, la fabrique fondée par Auguste en 1875 ne se sera jamais réellement relevée des conséquences de la Première Guerre mondiale. Quand bien même, les années trente sonneront la fin de l’âge d’or des fabriques de caractères en bois.</p>

<h1 id="les-spécimens">Les spécimens</h1>

<p>Le premier spécimen connu est publié à Paris où le marché est évidemment bien plus propice et étendu qu’à Ardon. En France, outre sa succursale, Martin est distribué par Rœsch, J.B., Montanary H. à Paris, à Bruxelles par Ricard, il est également présent à Milan. Ses caractères sont exportés en Afrique du Nord et jusqu’au Canada. C’est en partie cette dépendance à la demande étrangère qui lui causera des difficultés à la suite de la Première Guerre mondiale.</p>

<h2 id="le-premier-spécimen-de-1875">Le premier spécimen de 1875</h2>

<p>Le premier spécimen<sup id="fnref:9" role="doc-noteref"><a href="#fn:9" class="footnote" rel="footnote">9</a></sup>, est paru en 1875, année de fondation de la fabrique avec Henri Coderey. L’impression est de qualité médiocre, et certains dessins sont encore maladroits, toutefois il présente déjà plus de 400 numéros. La préface nous apprend qu’il travaille sur bois de bout, à l’aide d’un matériel breveté et qu’il peut réaliser toutes les tailles désirées.</p>

<figure>
  <a href="https://bit.ly/3IdVtVx">
  <img src="/assets/images/martin/Martin1.png" />
</a>
  <figcaption>Couverture du premier spécimen connu, <a href="https://bit.ly/3IdVtVx">conservé et numérisé par la bibliothèque Forney</a>)</figcaption>
</figure>

<p>Ce spécimen contient 14 séries présentées dans le désordre et avec un numéro par caractère. - Lettres blanches ombrées ; - lettres blanches ; - lettres à couleurs variées, double prix ; - coins pour encadrements ; - passe-partout ; - mains noires ; - lances ; - filets anglais ; - filets. ## Le spécimen <em>A. Martin &amp; Cie</em> Le second spécimen conservé (paru avant 1905<sup id="fnref:10" role="doc-noteref"><a href="#fn:10" class="footnote" rel="footnote">10</a></sup>), témoigne de la maîtrise acquise dans le dessin de caractère comme de la diversification des produits proposés.</p>

<figure>
  <a href="https://bit.ly/3IdVDMD">
  <img src="/assets/images/martin/Martin2.png" />
</a>
  <figcaption>Couverture du second spécimen connu, <a href="https://bit.ly/3IdVDMD">conservé et numérisé par la bibliothèque Forney</a>)</figcaption>
</figure>

<p>Les séries sont numérotées. Celles présentées vont de 1 à 400 (antiques, égyptiennes, clarendons), puis de 3400 à 3900 (elzéviers, scripts, fantaisies, chromatiques).</p>

<ul>
  <li>Matériel en bois (casses, meubles, etc) pp. 1-17 ;</li>
  <li>caractères en bois pp. 18-113 ;</li>
  <li>caractères chromatiques pp. 114-127 ;</li>
  <li>encadrements galvanos et bois pp. 128-133 ;</li>
  <li>encadrements galvanos et bois à combinaisons p. 134 ;</li>
  <li>filets anglais galvanos et bois p. 135 ;</li>
  <li>clichés pp. 135-136 ;</li>
  <li>coins p. 139 ;</li>
  <li>étoiles p. 140 ;</li>
  <li>manicules galvanos et bois p. 141 ;</li>
  <li>clichés 142-144</li>
</ul>

<h2 id="les-affiches-spécimens">Les affiches spécimens</h2>

<p>Si on connaît peu de catalogues, en revanche, Martin imprime des affiches spécimens pour présenter certaines séries de ses caractères. Il propose également des caractères hébreux et arabes (7 sont <a href="https://swisscovery.slsp.ch/permalink/41SLSP_NETWORK/1ufb5t2/alma991097089399705501">conservées à la Bâle</a>, mais ne sont pas numérisées).</p>

<figure>
  <a href="/assets/images/martin/Martin_specimen-poster-r-v.jpg">
  <img src="/assets/images/martin/Martin_specimen-poster-r-v.jpg" />
</a>
  <figcaption>Poster spécimen, 65 x 50 cm (collection personnelle, fonds Morel)
</figcaption>
</figure>

<p>D’après les exemplaires conservés, il semble qu’il produise aussi beaucoup d’affiches pour mettre en valeur ses bordures et encadrements, souvent en plusieurs couleurs. Il dispose en effet d’un très grand assortiment de ces bordures, d’ornements et de gravures décoratives en galvanoplastie. On peut <a href="https://bit.ly/39yFgNR">en voir ici,</a> conservées à la <em>Médiathèque Valais</em>.</p>

<figure>
  <a href="/assets/images/martin/VSBCVS_Da78A.jpg">
  <img src="/assets/images/martin/VSBCVS_Da78A.jpg" />
</a>
  <figcaption>Poster spécimen, 123,5 x 97 cm (collection Médiathèque Valais). <a href="https://nb-posters.primo.exlibrisgroup.com/discovery/search?query=creator,exact,Auguste%20Martin%20%26%20Cie%20(Ardon),AND&amp;tab=LibraryCatalog&amp;search_scope=MyInstitution&amp;vid=41SNL_53_INST:posters&amp;facet=creator,exact,Auguste%20Martin%20%26%20Cie%20(Ardon)&amp;lang=fr&amp;mode=advanced&amp;offset=0&amp;came_from=pagination_2_1">11 affiches conservées à la Médiathèque Valais</a></figcaption>
</figure>

<p>La bibliothèque Forney <a href="https://bit.ly/3yEnhix">conserve également 6 affiches de Martin</a> dont 3 sont numérisées.</p>

<h1 id="la-fourniture-de-caractères-bois-à-des-fonderies">La fourniture de caractères bois à des fonderies</h1>

<p>Vers la fin des années 20, Martin alimente directement, comme sous-traitant ou fournisseur, la <strong>Fonderie Typographique Française</strong>. En témoigne un spécimen de la <strong>FTF</strong>, qui propose des caractères imprimés sous forme de “mots exemples” en partie identiques à ceux du spécimen cité plus haut, sans que le fabricant, <strong>A. Martin et Cie</strong>, ne soit mentionné (<a href="http://www.ericnunes-carnet.fr/carnet/specimen-ftf-bois">voir ici</a>). La bibliothèque de la <em>Saint-Bride Foundation</em> conserve deux catalogues qui portent le même titre (<em>Caractères d’affiches bois et galvanos</em>, c’est également ce titre qui apparaît en première page de mon exemplaire) l’un attribué à <a href="https://stbridefoundation.soutron.net/Portal/Default/en-GB/RecordView/Index/109816"><strong>A. Martin &amp; Cie</strong></a> et un autre à la <a href="https://stbridefoundation.soutron.net/Portal/Default/en-GB/RecordView/Index/109812"><strong>FTF</strong></a>. Mais, même si un des deux spécimens de <em>Saint Bride</em> portent bien la mention <strong>A. Martin &amp; Cie</strong> (cela reste à vérifier), nous avons là une preuve qu’il travaillait également à la fourniture en gros pour des fonderies soucieuses de proposer des produits pour la production desquels ils n’étaient pas équipés. C’est aussi, à cette date, un signe que Martin a des difficultés à écouler sa fabrication (en l’occurence, du stock de modèles d’avant-guerre et déjà très datés pour certains).</p>

<figure>
  <a href="/assets/images/SpecimenFTF/Martin-FTF-wood2.jpg">
  <img src="/assets/images/SpecimenFTF/Martin-FTF-wood2.jpg" />
</a>
  <figcaption>À gauche page du spécimen Martin de Forney, à droite "même" page dans celui de la FTF</figcaption>
</figure>

<h1 id="le-pantographe-breveté-par-auguste-martin">Le pantographe breveté par Auguste Martin</h1>

<p>Une des informations les plus importantes que l’on tire de la lecture de la préface du spécimen de 1875 (et de la publicité citée plus haut) est que Martin travaille à l’aide d’un pantographe dont il a déposé le brevet en août 1874 sous le titre de : <em>Pour des perfectionnements apportés à la fabrication des caractères en bois</em>. Il évoque également son usage du bois de bout alors qu’en France c’est essentiellement le bois de fil qui est utilisé, et la gravure se fait au canif. Le bois de bout (très utilisé pour la gravure d’illustration au burin) est utilisé pour sa dureté et sa résistance à la déformation, mais n’est pas compatible avec la taille au canif. De même que le bois de fil ne convient pas bien au pantographe car avec ce dernier, la forme de la lettre est directement taillée par la fraise, le bois de fil aura tendance à “s’effilocher” et ne donnera pas un trait parfait.</p>

<p>Voici le texte du brevet :</p>

<blockquote>
  <p>Brevet n° 104539 en date du 8 août 1874. À M. MARTIN pour des perfectionnements apportés à la fabrication des caractères en bois (Pl XI). Il s’agit d’une machine destinée à la fabrication des caractères en bois de bout pour l’imprimerie. Le bois travaillé dans ce sens possède le précieux avantage non seulement d’offrir une plus grande résistance mais encore de ne jamais se courber. Les imprimeurs qui ont fait usage des caractères en bois de bout ont reconnu comme nous tous les avantages résultant pour eux de ce moyen auquel d’ailleurs nous ne nous sommes arrêtés qu’après un examen approfondi et des essais comparatifs qui nous en ont démontré la supériorité. Cette machine pantographique est placée sur un plateau de fonte auquel elle se trouve fixée à son extrémité par les deux colonnes B, C et les axes D, E, elle est formée de deux galeries articulées F, G, reliées entre elles par les barres H, I, J. Elle se meut sur elle même en un va et vient continuel à l’aide d un système de charnières. Sur la face de la machine se trouvent fixée au point K une mèche et au point L un guide en tête de la mèche et adhérente à son axe se trouve une petite poulie contiguë à une autre poulie mobile M. Ces deux poulies sont mises en mouvement par la courroie sans fin P qui est commandée elle même par la marche des deux tambours Q, R mus par une force motrice quelconque. Sous le guide au point L se trouvent placés les caractères 4 C appelés matrices ou modèles dont le machiniste fait suivre les contours par le guide L en dirigeant sa machine à l’aide de deux poignées S, T. Les mouvements du guide se trouvant copiés par la mèche K à l’aide du système d’attachement parallèle, les caractères placés comme matrices sous le guide se trouvent reproduits instantanément par la mèche ou fraise sur le morceau de bois placé à cet effet sous ladite mèche. _Description des machines et procédés pour lesquels des brevets d’invention …_tome 11, 2e partie, 1877.</p>
</blockquote>

<figure>
  <a href="/assets/images/martin/panto.jpg">
  <img src="/assets/images/martin/panto.jpg" />
</a>
  <figcaption>Illustration présentée avec le brevet de Auguste Martin</figcaption>
</figure>

<p>Le pantographe proposé par Martin ne permet que la reproduction à l’échelle 1, ce qui implique une matrice par corps de caractères. Si la qualité et l’homogénéité des caractères en sont accrues, il reste nécessaire de fabriquer un jeu de matrices pour chaque corps de caractères.</p>

<p>L’illustration qui accompagne le brevet montre une machine très proche du pantographe que l’on peut apercevoir sur une photographie issue d’un catalogue de la fabrique italienne <strong>Xilografia Internazionale</strong> de Legnago près de Vérone, paru dans les années 1920. Il est tout à fait possible que ce soit un modèle inspiré de la machine de Martin, ils y côtoient des machines industrielles plus récentes (sur la gauche) qui permettent la taille de plusieurs corps d’après une seule matrice.</p>

<figure>
  <a href="/assets/images/martin/anonimaimpressori-xylografia-internazionale-1920.jpg">
  <img src="/assets/images/martin/anonimaimpressori-xylografia-internazionale-1920.jpg" />
</a>
  <figcaption>Illustration tirée d'un spécimen de la fabrique Xilografia-Internazionale, vers 1920 (source <a href="https://anonimaimpressori.it/blogs/archivio-caratteri/caratteri-in-legno">Anonima Impressori</a>). Sur la gauche, on voit des pantographes industriels, plus récents, qui permettent de produire des caractères de tailles différentes à partir d'une même matrice.</figcaption>
</figure>

<hr />

<h1 id="sources">Sources</h1>

<ul>
  <li>Delaloye, Jean-Pierre, “Manufacture de caractères en bois à Ardon”, dans <em>Valais économique d’hier, d’aujourd’hui et de demain : 200 ans d’histoire économique</em> / [dir.: Géo Bétrisey … et al.] ; [auteurs: Karine Bourgeois … et al.]. Sion: Les Editions Valais valeur ajoutée, 2015.</li>
  <li>Martin, Auguste, Coderey, H, Fabrication mécanique de caractères en bois : Album spécimen de la maison A. Martin et H. Coderey, Paris, 1875. <a href="https://bit.ly/3IdVtVx">En ligne, bibliohtèque Forney</a> (consulté le 03/07/2022).</li>
  <li>Martin, Auguste, Manufacture de caractères en bois et de matérial d’imprimerie., Suisse, 1905. <a href="https://bit.ly/3IdVDMD">En ligne, bibliohtèque Forney</a> (consulté le 03/07/2022).</li>
</ul>

<h1 id="notes">Notes</h1>

<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
  <ol>
    <li id="fn:1" role="doc-endnote">
      <p><em>L’Ami du Peuple</em>, 13 avril 1884. <a href="#fnref:1" class="reversefootnote" role="doc-backlink">&#8617;</a></p>
    </li>
    <li id="fn:2" role="doc-endnote">
      <p><em>Gazette du Valais, 28 février 1900</em>. Nécrologie de Auguste Martin <a href="#fnref:2" class="reversefootnote" role="doc-backlink">&#8617;</a></p>
    </li>
    <li id="fn:3" role="doc-endnote">
      <p><em>Le Confédéré</em>, 5 janvier 1895. <a href="#fnref:3" class="reversefootnote" role="doc-backlink">&#8617;</a></p>
    </li>
    <li id="fn:4" role="doc-endnote">
      <p><em>Journal et feuille d’avis du Valais</em>, 8 septembre 1908. <a href="#fnref:4" class="reversefootnote" role="doc-backlink">&#8617;</a></p>
    </li>
    <li id="fn:5" role="doc-endnote">
      <p><em>Bulletin officiel (Union syndicale des maîtres imprimeurs de France)</em>, n° 8, août 1912. <a href="#fnref:5" class="reversefootnote" role="doc-backlink">&#8617;</a></p>
    </li>
    <li id="fn:6" role="doc-endnote">
      <p><em>Le Nouvelliste</em>, 5 décembre 1980. Article dans lequel un ancien typographe évoque cette visite dans un contexte de grève due aux bouleversements dans l’industrie typographique. “[…] Si, en 1920, on avait le plaisir et l’avantage de découvrir une fabrique valaisanne de caractères d’imprimerie […]”. <a href="#fnref:6" class="reversefootnote" role="doc-backlink">&#8617;</a></p>
    </li>
    <li id="fn:7" role="doc-endnote">
      <p><em>Neue Zürcher Zeitung, Numéro 1170</em>, 19 juin 1931. <a href="#fnref:7" class="reversefootnote" role="doc-backlink">&#8617;</a></p>
    </li>
    <li id="fn:8" role="doc-endnote">
      <p><em>Feuille d’avis du district de Monthey</em>, 6 septembre 1932. “[…] une fonderie et la fabrique de caractères. Cette dernière fut fondée il y a 57 ans par M. Martin, et a acquis dans toute l’Europe une renommée flatteuse. […] elle occupe en permanence , sans compter le personnel de bureau, 30 ouvriers, tous enfants du pays. La Manufacture de caractères S. A. d’Ardon s’est spécialisée dans la fabrication de caractères en bois et la construction des meubles, casses, etc. […] Depuis deux ans, il a été créé un nouveau département qui s’occupe de la signalisation et de la confection d’enseignes au moyen de deux alliages d’aluminium : le « metallux » et le « sonamétal ». “ <a href="#fnref:8" class="reversefootnote" role="doc-backlink">&#8617;</a></p>
    </li>
    <li id="fn:9" role="doc-endnote">
      <p>Le spécimen présenté est conservé et numérisé par la bibliothèque Forney, un autre exemplaire existe à la <a href="http://id.lib.harvard.edu/alma/990061163290203941/catalog">Houghton Library d’Harvard</a> <a href="#fnref:9" class="reversefootnote" role="doc-backlink">&#8617;</a></p>
    </li>
    <li id="fn:10" role="doc-endnote">
      <p>Le spécimen est non daté, la date extrême de 1905 repose sur une lettre interfoliée datée de 1905 dans l’exemplaire de Harvard. On sait également que la maison d’édition Imprimerie Delachaux et Niestlé devient <a href="https://hls-dhs-dss.ch/fr/articles/041961/2004-03-29/">société anonyme en 1904</a>. Celui présenté est conservé et numérisé par la bibliothèque Forney, un autre exemplaire est conservé à la <a href="http://id.lib.harvard.edu/alma/990061163360203941/catalog">Houghton Library d’Harvard</a>, et au moins un autre dans une collection privée. <a href="#fnref:10" class="reversefootnote" role="doc-backlink">&#8617;</a></p>
    </li>
  </ol>
</div>]]></content><author><name>Éric Nunes</name><email>ampersandpresslab@gmail.com</email></author><category term="caracteres-bois" /><category term="fabricant" /><summary type="html"><![CDATA[La fabrique d'Auguste Martin, entrepreneur originaire de Lyon, a produit des caractères en bois, à Ardon en Suisse, entre 1875 et 1943.]]></summary></entry><entry><title type="html">Spécimen des caractères en bois de la Fonderie Typographique Française.</title><link href="https://ampersandpresslab.github.io/carnetlab/carnet/specimen-ftf-bois" rel="alternate" type="text/html" title="Spécimen des caractères en bois de la Fonderie Typographique Française." /><published>2022-06-24T00:00:00+00:00</published><updated>2022-06-24T00:00:00+00:00</updated><id>https://ampersandpresslab.github.io/carnetlab/carnet/specimen-ftf-bois</id><content type="html" xml:base="https://ampersandpresslab.github.io/carnetlab/carnet/specimen-ftf-bois"><![CDATA[<p>Ce catalogue présente les caractères d’affiches en bois, des ornements ainsi que des galvanos, proposés dans les années 20 par la <strong>Fonderie Typographique Française</strong>, mais fabriqués vingt ans plus tôt par <strong>A. Martin et Cie</strong>.</p>

<h1 id="la-fonderie-typographique-française">La Fonderie Typographique Française.</h1>

<p>La <strong>Fonderie Typographique Française</strong> (FTF) est créée en 1921, par la fusion des fonderies de caractères <strong>Turlot</strong> <strong>Saling</strong>, <strong>Durey et Berthier</strong>, <strong>Renault et Marcou</strong>, <strong>Huart</strong>. Ce type de fusion est rendu nécessaire par un marché en déclin dans l’immédiate après-guerre. Deux ans plus tard, la <strong>Fonderie Deberny et Peignot</strong>naît à son tour par la fusion de la <strong>Fonderie G. Peignot &amp; Fils</strong> et de la <strong>Fonderie Tuleu, Girard et Cie</strong>.</p>

<p>En 1969, la <strong>FTF</strong> devient <strong>Société nouvelle de la fonderie typographique française</strong> puis est cédée en 1974 à la <strong>Fundición tipográfica Neufville</strong> de Barcelone.</p>

<figure>
  <a href="/assets/images/SpecimenFTF/Specimen_bois_FTF_0001.jpg">
  <img src="/assets/images/SpecimenFTF/Specimen_bois_FTF_0001.jpg" />
</a>
  <figcaption>Couverture du spécimen de la <strong>FTF</strong> (collection personnelle, fonds Morel)</figcaption>
</figure>

<h1 id="les-caractères-daffiches-bois-et-galvanos-de-la-fonderie-typographique-française">Les <em>Caractères d’affiches bois et galvanos de la Fonderie Typographique Française</em>.</h1>

<p>Ce catalogue n’est pas daté, mais on peut le situer entre 1922 et 1930. À première vue, peu de création – et pour cause comme on le verra plus bas – on revisite des formes créées plus de 40 ans avant comme cet étonnant caractère de la page 162 dont on trouve le <a href="http://bit.ly/2k58FoV">même esprit</a> dans un catalogue <strong>Ploquin</strong> de 1883, quoique inversé et la forme pyramidale en plus (je cherche toujours le modèle exact, je ne crois pas à un dessin original ici). L’essentiel des dessins de caractères proposés est en effet déjà connu, voire un peu daté. Les encadrements et filets tout autant que les galvanos proposés ici sont encore au mieux de style Art nouveau. Ce qui questionne à cette date tardive et qui peut s’expliquer simplement. La <strong>FTF</strong> ne fabrique pas de caractères en bois.</p>

<h1 id="revendeur-de-caractères-da-martin-et-cie">Revendeur de caractères d’<em>A. Martin et Cie</em></h1>

<p>Dans ce spécimen, on peut voir l’offre d’une fonderie soucieuse d’élargir son catalogue pour répondre aux besoins de ses clients. Et supposer qu’à ce moment la fabrication des caractères bois était déléguée à des prestataires. Les manufactures exclusives – qui ne sont pas des fonderies mais fabriquaient et distribuaient en leur nom propre – fortes d’un catalogue hérité d’une existence remontant au siècle précédent (<strong>Dureau</strong>, <strong>Scherer</strong>, etc.), se sont manifestement mises à produire pour les fonderies traditionnelles tout en continuant à fournir les imprimeurs avec leur propre fonds.</p>

<p>Et ici en effet, il apparaît que les caractères proposés sont issus du fond du fabricant Suisse Auguste Martin (<a href="http://www.ericnunes-carnet.fr/carnet/Martin">voir</a>). Je n’ai pas trouvé de trace de liens entre la <strong>FTF</strong> et la fabrique <strong>A. Martin et Cie</strong>, mais il est sûr que nous sommes là dans la fin des années 1920, à une période ou la fabrique de Auguste Martin (mort en 1900, mais à qui succède son fils, également prénommé Auguste) connaît des difficultés. Ces aléas ont peut-être conduit Martin à accepter cette association avec la <strong>FTF</strong>, fourniture d’un gros lot d’invendus, Auguste n’a probablement plus les moyens de produire de nouveaux modèles, encore moins de publier un spécimen. La fonderie prend à sa charge la publication et se contente de reproduire, pour partie le modèle de Martin de 1905.</p>

<h2 id="quelques-images-pour-sen-convaincre-">Quelques images pour s’en convaincre :</h2>

<p>Certains caractères sont identiques à ceux proposés dans un catalogue conservé à la <a href="https://bibliotheques-specialisees.paris.fr/ark:/73873/pf0000166303/v0002.simple.selectedTab=record">Bibliothèque Forney</a> et qui plus est, les numéros de série sont également les mêmes. Par ailleurs, un autre spécimen Martin existe à Saint Bride Foundation et porte le même <a href="https://stbridefoundation.soutron.net/Portal/Default/en-GB/RecordView/Index/109816">nom</a> que celui de la FTF (et Saint Bride possède également le spécimen présenté ici).</p>

<figure>
  <a href="/assets/images/SpecimenFTF/Martin-FTF-wood.jpg">
  <img src="/assets/images/SpecimenFTF/Martin-FTF-wood.jpg" />
</a>
  <figcaption>À gauche page du spécimen Martin de Forney, à droite "même" page dans celui de la FTF</figcaption>
</figure>

<figure>
  <a href="/assets/images/SpecimenFTF/Martin-FTF-wood2.jpg">
  <img src="/assets/images/SpecimenFTF/Martin-FTF-wood2.jpg" />
</a>
  <figcaption>À gauche page du spécimen Martin de Forney, à droite "même" page dans celui de la FTF</figcaption>
</figure>

<figure>
  <a href="/assets/images/SpecimenFTF/Martin-FTF-wood3.jpg">
  <img src="/assets/images/SpecimenFTF/Martin-FTF-wood3.jpg" />
</a>
  <figcaption>À gauche page du spécimen Martin de Forney, à droite "même" page dans celui de la FTF</figcaption>
</figure>

<h2 id="le-catalogue-complet-est-visible-sur-flickr">Le catalogue complet est visible sur <a href="http://bit.ly/2lUf86O">Flickr</a>.</h2>

<figure class="third ">
  
    
      <a href="https://ampersandpresslab.github.io/carnetlab/assets/images/SpecimenFTF/Specimen_bois_FTF_0023.jpg">
        <img src="https://ampersandpresslab.github.io/carnetlab/assets/images/SpecimenFTF/Specimen_bois_FTF_0023.jpg" alt="placeholder image 1" />
      </a>
    
  
    
      <a href="https://ampersandpresslab.github.io/carnetlab/assets/images/SpecimenFTF/Specimen_bois_FTF_0048.jpg">
        <img src="https://ampersandpresslab.github.io/carnetlab/assets/images/SpecimenFTF/Specimen_bois_FTF_0048.jpg" alt="placeholder image 2" />
      </a>
    
  
    
      <a href="https://ampersandpresslab.github.io/carnetlab/assets/images/SpecimenFTF/Specimen_bois_FTF_0081.jpg">
        <img src="https://ampersandpresslab.github.io/carnetlab/assets/images/SpecimenFTF/Specimen_bois_FTF_0081.jpg" alt="placeholder image 3" />
      </a>
    
  
    
      <a href="https://ampersandpresslab.github.io/carnetlab/assets/images/SpecimenFTF/Specimen_bois_FTF_0082.jpg">
        <img src="https://ampersandpresslab.github.io/carnetlab/assets/images/SpecimenFTF/Specimen_bois_FTF_0082.jpg" alt="placeholder image 4" />
      </a>
    
  
    
      <a href="https://ampersandpresslab.github.io/carnetlab/assets/images/SpecimenFTF/Specimen_bois_FTF_0121.jpg">
        <img src="https://ampersandpresslab.github.io/carnetlab/assets/images/SpecimenFTF/Specimen_bois_FTF_0121.jpg" alt="placeholder image 5" />
      </a>
    
  
    
      <a href="https://ampersandpresslab.github.io/carnetlab/assets/images/SpecimenFTF/Specimen_bois_FTF_0124.jpg">
        <img src="https://ampersandpresslab.github.io/carnetlab/assets/images/SpecimenFTF/Specimen_bois_FTF_0124.jpg" alt="placeholder image 6" />
      </a>
    
  
    
      <a href="https://ampersandpresslab.github.io/carnetlab/assets/images/SpecimenFTF/Specimen_bois_FTF_0125.jpg">
        <img src="https://ampersandpresslab.github.io/carnetlab/assets/images/SpecimenFTF/Specimen_bois_FTF_0125.jpg" alt="placeholder image 7" />
      </a>
    
  
    
      <a href="https://ampersandpresslab.github.io/carnetlab/assets/images/SpecimenFTF/Specimen_bois_FTF_0131.jpg">
        <img src="https://ampersandpresslab.github.io/carnetlab/assets/images/SpecimenFTF/Specimen_bois_FTF_0131.jpg" alt="placeholder image 8" />
      </a>
    
  
    
      <a href="https://ampersandpresslab.github.io/carnetlab/assets/images/SpecimenFTF/Specimen_bois_FTF_0137.jpg">
        <img src="https://ampersandpresslab.github.io/carnetlab/assets/images/SpecimenFTF/Specimen_bois_FTF_0137.jpg" alt="placeholder image 9" />
      </a>
    
  
    
      <a href="https://ampersandpresslab.github.io/carnetlab/assets/images/SpecimenFTF/Specimen_bois_FTF_0001.jpg">
        <img src="https://ampersandpresslab.github.io/carnetlab/assets/images/SpecimenFTF/Specimen_bois_FTF_0001.jpg" alt="placeholder image 10" />
      </a>
    
  
  
    <figcaption>Quelques images du catalogue.
</figcaption>
  
</figure>]]></content><author><name>Éric Nunes</name><email>ampersandpresslab@gmail.com</email></author><category term="caracteres-bois" /><category term="spécimen" /><category term="caractères bois" /><category term="Fonderie Typographique Française" /><summary type="html"><![CDATA[Billet mis à jour. Catalogue des caractères d'affiches en bois, des vignettes et galvanos de la Fonderie Typographique Française dans les années 20.]]></summary></entry><entry><title type="html">Un nouveau fabricant de caractères bois à Bressuire !</title><link href="https://ampersandpresslab.github.io/carnetlab/carnet/billet-dugnat" rel="alternate" type="text/html" title="Un nouveau fabricant de caractères bois à Bressuire !" /><published>2022-06-12T00:00:00+00:00</published><updated>2022-06-12T00:00:00+00:00</updated><id>https://ampersandpresslab.github.io/carnetlab/carnet/billet-dugnat</id><content type="html" xml:base="https://ampersandpresslab.github.io/carnetlab/carnet/billet-dugnat"><![CDATA[<p>Article de 2017 mis à jour en 2023.</p>

<p>La bibliothèque de l’<a href="http://www.ecole-estienne.paris/">École Estienne</a> possède un <a href="http://bibliotheques-specialisees.paris.fr/ark:/73873/pf0002107187?highlight=dugnat">spécimen</a> de la fabrique <strong>Dugnat et Cie</strong>, installés à Bressuire. Il est non daté, et la notice du catalogue, supposé être paru vers 1850 est fautive, nous allons voir que sa parution ne peut se situer qu’entre 1868 et 1875. Je l’ai repéré sur le catalogue de la bibliothèque en 2017, et il m’a entre-temps été généreusement signalé par un étudiant de l’école (merci) qui m’a donné la possibilité de le voir.</p>

<p>Ce qui fait à mes yeux le grand intérêt de ce spécimen, c’est bien sûr que ledit <strong>Dugnat</strong> est établi à Bressuire, que je ne le connaissais pas avant 2017 et que c’est donc un autre de ces pionniers de cette industrie qui a fleuri dans cette ville pendant plus d’un siècle.</p>

<h1 id="questions-et-suppositions">Questions et suppositions</h1>

<p>Le sous-titre du spécimen annonce “Atelier de gravure sur bois” sans plus de précisions puis vient la spécialité. On peut supposer que cette spécialité, “les caractères pour affiches” n’est pas le premier “métier” de Guillaume Dugnat (1838-1902), en 1866 il est qualifié de menuisier dans le recensement, puis de graveur dans les années 1880.</p>

<p>Nous sommes donc en présence dans cette ville à des “reconversions” opportunes dans une industrie naissante en France, graveurs et menuisiers y voyant un débouché lucratif.<br />
Il est aussi intéressant de noter que dans cette région on exploitait le bois de cormier (particulièrement présent dans le bocage Bressuirais), d’ailleurs une publicité de <strong>Ploquin</strong> indique qu’il exploite lui-même un tel bois.<br />
La concentration à Bressuire de fabricants s’explique donc peut-être en partie par ces conjonctions : un pionnier (Delamarre), la réussite, la matière première, les imitateurs et la concurrence (par exemple on sait que <strong>Ploquin</strong> avait pour concurrent direct <strong>Audebaud</strong>).</p>

<h1 id="qui-">Qui ?</h1>

<p>Guillaume Dugnat (1837-1902) est né à Brousse dans le Puy-de-Dôme de Antoine Dugnat et Marie Pialat. Il est marié à Hortense Gobin et à une fille, Marie Louise. Au recensement de 1881, il habite au 3 Grande Rue. Encore jeune dans les années 1880 (et quelifié de graveur encore en 1891), il est possible qu’il ait travaillé pour Audebaud ou Ploquin après avoir cessé son activité à son nom et en association avec Geffard. On doit également supposer que Audebaud, qui reprend la fabrique Moreau en 1877, ou Ploquin, aient l’un ou l’autre intégrés le fonds Dugnat.</p>

<h1 id="quand-">Quand ?</h1>

<p>Au vu de son contenu, on peut être effectivement tenté de le dater des années 1850, mais Dugnat n’apparaît dans les sources qu’en 1868, cité comme fournisseur en caractères bois de la Fonderie Boildieu (<a href="https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k3295697g/f11.item.zoom#">L’imprimerie, journal de la typographie</a> ). Il est associé à Geffard entre 75 et 78 (Geffard et Dugnat (orthographié Dunias) apparaît dans l’<em>Annuaire du commerce</em> en 1875). J’inclinerai donc pour une période d’exercice entre 1868 à minima et 1878.</p>

<p>Pour le moment aucune marque “Dugnat” n’a été repéré sur les caractères anciens en circulation.</p>

<h1 id="le-specimen-de-dugnat">Le specimen de Dugnat</h1>

<p>Il est édité par P. Godet à Saumur. Paul Godet, imprimeur actif entre 1839 et 1858, la raison sociale reste cependant la même avec son fils, jusqu’en 1916. Difficile donc de réduire la fenêtre de datation du spécimen avec cet élément, on peut seulement inférer qu’il ne peut être postérieur à 1875, puisque la raison sociale devient Dugnat et Geffard à cette date.</p>

<p>Sa page de titre donne un certain nombre d’informations :</p>

<blockquote>
  <p><em>Spécimen. Atelier de gravure sur bois. Spécialité de caractères pour affiches. Coins et filets d’encadrement / Dugnat et Cie, graveurs à Bressuire (Deux-Sèvres)</em></p>
</blockquote>

<p>C’est un spécimen d’une grande richesse qui compte environ 90 pages de polices allant de 5 à 80 cicéros. Il propose en outre des filets anglais et des bordures.</p>

<p>Seule indication “technique”, cet avis en page des compositions des polices :</p>

<blockquote>
  <p><em>M. les imprimeurs peuvent se persuader que toutes les lettres sortant de notre atelier seront bien confectionnées et en bon bois, et qu’elles auront baignées dans l’huile pendant 24 heures.</em></p>
</blockquote>

<p>Nous ne saurons pas quel bois, mais il s’agit vraisemeblablement du cormier présent dans la région, quant au bain d’huile (en général de l’huile de lin, parfois chauffée), il permet de saturer le bois afin de l’empêcher de “boire” l’encre, et aussi de le rendre plus résistant à l’humidité et aux insectes.</p>

<p>À suivre …</p>]]></content><author><name>Éric Nunes</name><email>ampersandpresslab@gmail.com</email></author><category term="caracteres-bois" /><category term="caractères bois" /><category term="Bressuire" /><category term="Dugnat" /><summary type="html"><![CDATA[La bibliothèque de l’École Estienne possède un spécimen signé Dugnat et Cie, installé à Bressuire. Article mis à jour (juin 2022)]]></summary></entry><entry><title type="html">Chronologie des fabricants français de caractères en bois.</title><link href="https://ampersandpresslab.github.io/carnetlab/carnet/Chronologie" rel="alternate" type="text/html" title="Chronologie des fabricants français de caractères en bois." /><published>2022-03-11T00:00:00+00:00</published><updated>2022-03-11T00:00:00+00:00</updated><id>https://ampersandpresslab.github.io/carnetlab/carnet/Chronologie</id><content type="html" xml:base="https://ampersandpresslab.github.io/carnetlab/carnet/Chronologie"><![CDATA[<p>Cette chronologie reflète l’état actuel de mes recherches, elle est donc susceptible de s’amender au fil de celles-ci. Je n’y donne volontairement que des éléments concis : les raisons sociales, les dates d’exercice et la ville d’activité du fabricant.</p>

<h1 id="chronologie">Chronologie</h1>

<iframe src="https://cdn.knightlab.com/libs/timeline3/latest/embed/index.html?source=1hevchUmvgX2AP9kyvOzW3TXL6KhJTPs4HNHmgEfMEbg&amp;font=Fjalla-Average&amp;lang=fr&amp;initial_zoom=5&amp;height=650" width="100%" height="650" webkitallowfullscreen="" mozallowfullscreen="" allowfullscreen="" frameborder="0">
</iframe>

<p><a href="https://cdn.knightlab.com/libs/timeline3/latest/embed/index.html?source=1hevchUmvgX2AP9kyvOzW3TXL6KhJTPs4HNHmgEfMEbg&amp;font=Default&amp;lang=fr&amp;initial_zoom=1&amp;height=650">En plein écran</a></p>

<h1 id="méthodologie">Méthodologie</h1>

<p>Les fabricants cités sont tous attestés : parfois uniquement par un caractère estampillé à leur nom (le cas de Leroux à Lyon par exemple), par une entrée dans un annuaire mentionnant leur statut de fabricant, par un article les évoquant, ou par une publicité dans une revue professionnelle.</p>

<p>Cette chronologie prend en compte, dans une majorité de cas, les raisons sociales des fabricants telles qu’elles ont pu apparaître à une date donnée. J’ai choisi cette approche<sup id="fnref:1" role="doc-noteref"><a href="#fn:1" class="footnote" rel="footnote">1</a></sup> pour rester au plus près des sources disponibles. Par ailleurs, établir une chronologie de l’évolution des raisons sociales permet aussi d’affiner la datation de caractères ou de spécimens. Il arrive toutefois, faute d’un découpage chronologique bien établi, que j’ai choisi de regrouper, en les séparant par un / les différentes appellations sous lesquelles ont pu apparaître ces fabriques.</p>

<p>L’exemple des Mary père et fils, graveurs à Paris illustre la limite de ma démarche d’identification de fabricants exclusifs. S’ils ont bien – à priori – produit des caractères en bois, on ne peut toutefois pas les considérer comme des fabricants au même titre que Audebaud ou Ploquin à la même période, la fabrication de caractères ne semblant pas être leur activité principale (en 75 ils se spécialiseront dans la gravure pour étoffe et papier peint).</p>

<p>Dans le cas des noms uniquement cités dans des annuaires, je ne cite que ceux dont je suis sûr qu’ils ne sont pas que des distributeurs de produits manufacturés par d’autres<sup id="fnref:2" role="doc-noteref"><a href="#fn:2" class="footnote" rel="footnote">2</a></sup>. Dans certains cas une analyse plus approfondie sera encore nécessaire, d’autres noms viendront peut-être s’ajouter à cette chronologie si mes recherches permettent de trancher quant à leur statut réel.</p>

<h1 id="couverture-géographique-de-la-recherche">Couverture géographique de la recherche</h1>

<p>Je m’intéresse aux fabricants français, et plus largement j’élargis ma recherche aux fabricants francophones (je n’ai pas encore abordé la Belgique). Les grands fabricants du XIXe vendaient à l’internationale, mais les échanges entre pays francophones doivent être supposés plus courants, ainsi le cadre de cette étude se doit de ne pas se limiter à des frontières administratives. Dans trois cas ici, le fabricant est en Suisse. Pour le cas de Delaloye, c’est cette règle qui prévaut, pour ce qui est de Martin et de Bonnet, d’une part, ils sont situés dans des cantons francophones, mais qui plus est, il s’agit de ressortissants français<sup id="fnref:3" role="doc-noteref"><a href="#fn:3" class="footnote" rel="footnote">3</a></sup>.</p>

<h2 id="notes">Notes</h2>

<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
  <ol>
    <li id="fn:1" role="doc-endnote">
      <p>Une alternative plus digeste aurait été de regrouper sous un seul nom, une fabrique ayant passé de père en fils comme par exemple celle de Dureau. <a href="#fnref:1" class="reversefootnote" role="doc-backlink">&#8617;</a></p>
    </li>
    <li id="fn:2" role="doc-endnote">
      <p>Par exemple je n’ai pas de preuves d’une réelle activité de fabrication chez Dutreix, par contre la comparaison des spécimens (<a href="https://www.flickr.com/photos/ampersandpresslab/49314969358/in/album-72157712472905831/">ici</a> et <a href="https://www.flickr.com/photos/ampersandpresslab/44342358230/in/album-72157704265439785/">là</a>) prouve qu’ils distribuaient sous leur nom des caractères fabriqués par Jacoby. Montanari s’il est parfois cité dans la rubrique “Caractères en bois” n’est pour sa part qu’un “agent”, revendeur, en particulier pour Martin entre 87 et 89. <a href="#fnref:2" class="reversefootnote" role="doc-backlink">&#8617;</a></p>
    </li>
    <li id="fn:3" role="doc-endnote">
      <p>Martin vient de Lyon et s’installe à Ardon pour des raisons économiques, Charles Bonnet est un communard réfugié à Genève. <a href="#fnref:3" class="reversefootnote" role="doc-backlink">&#8617;</a></p>
    </li>
  </ol>
</div>]]></content><author><name>Éric Nunes</name><email>ampersandpresslab@gmail.com</email></author><category term="caracteres-bois" /><category term="chronologie" /><summary type="html"><![CDATA[Cette chronologie reflète l'état actuel de mes recherches, elle est donc susceptible de s'amender au fil de celles-ci]]></summary></entry><entry><title type="html">Spécimen des caractères en bois Tellenbach… de la fabrique Jacoby.</title><link href="https://ampersandpresslab.github.io/carnetlab/carnet/specimen-Tellenbach" rel="alternate" type="text/html" title="Spécimen des caractères en bois Tellenbach… de la fabrique Jacoby." /><published>2022-03-04T00:00:00+00:00</published><updated>2022-03-04T00:00:00+00:00</updated><id>https://ampersandpresslab.github.io/carnetlab/carnet/specimen-Tellenbach</id><content type="html" xml:base="https://ampersandpresslab.github.io/carnetlab/carnet/specimen-Tellenbach"><![CDATA[<p>Il est difficile d’affirmer que cette “manufacture de caractères en bois” ait réellement produit des lettres, en effet, on trouve très peu de traces de cette branche de leur activité, car les Tellenbach se sont très tôt diversifiés, des “objets en bois” aux jouets et panneaux de signalisation. La commercialisation de caractères – on le verra en réalité ceux de Jacoby – n’est-elle pas qu’une autre forme de diversification ?</p>

<h1 id="jean-christian-hermann-tellenbach-et-jean-charles-tellenbach">Jean Christian Hermann Tellenbach et Jean Charles Tellenbach</h1>

<p>La fabrique <strong>Tellenbach et Cie</strong> existe bien, elle voit le jour en 1911.</p>

<blockquote>
  <p>Jean Christian Hermann Tellenbach et Jean Charles Tellenbach, à Buttes, ont constitué à Buttes, sous la raison sociale Tellenbach et Cie, une société en nom collectif. Manufacture de caractères en bois pour l’imprimerie et matériel typographique.</p>
</blockquote>

<p><em>La Suisse Libérale, Volume 47, Numéro 71, 27 mars 1911</em></p>

<p>La société passe en commandite en 1912, sous la tutelle financière de Hermann. En 1916 elle est désignée comme fabrique d’objets en bois, elle est également citée en rapport avec des fabriques de jouets en bois. Tellenbach déposera le bilan en 1934.</p>

<p>En 1930 Hermann Tellenbach devient le directeur de la société <strong>Manufacture de caractères en bois S.A.</strong> de Ardon, qui succède, par achat du nom et des immeubles, à la société fondée en 1875 à Ardon par le lyonnais <strong>Auguste Martin</strong>. À Ardon toujours, en 1937, on voit apparaître un H. Tellenbach fabricant d’enseignes : “Enseignes lettres en bois et en métal en tous genres. Signaux routiers.”, cette fois encore il est très probable qu’il s’agisse de Hermann ou son frère, se renouvelant une nouvelle fois dans la filière du bois.</p>

<p>Au début du siècle la Suisse compte encore deux très grandes manufactures, celle de <strong>A. Martin</strong> à Ardon et la manufacture de <strong>Roman Scherer</strong> à Lucerne. Deux entreprises qui suffisent probablement à saturer le marché. Quoiqu’il en soit, à part ce spécimen plus rien n’atteste dès 1916 que cette manufacture ait une réelle activité.</p>

<h1 id="le-spécimen-de-1911-des-caractères-de-jacoby">Le spécimen de 1911, des caractères de Jacoby…</h1>

<p>Le spécimen, de très belle facture, en deux couleurs et à la marque Tellenbach au verso de chaque page, compte 106 feuillets. Pour une manufacture d’à peine un an, ce catalogue étonne, par sa facture comme par son contenu. Tellenbach aurait repris un fonds existant, ce qui pourrai expliquer la richesse du spécimen ? En réalité, plus simplement, il propose sous son nom des caractères d’un autre fabricant, “A. Jacoby Fils” de Grenoble<sup id="fnref:1" role="doc-noteref"><a href="#fn:1" class="footnote" rel="footnote">1</a></sup>.</p>

<figure>
  <a href="/assets/images/tellenbach/A-Jacoby-etiquette.png">
  <img src="/assets/images/tellenbach/A-Jacoby-etiquette.png" />
</a>
  <figcaption>Étiquette au titre du spécimen Jacoby</figcaption>
</figure>

<figure>
  <a href="/assets/images/tellenbach/Jacoby-Tellenbach00004.jpg">
  <img src="/assets/images/tellenbach/Jacoby-Tellenbach00004.jpg" />
</a>
  <figcaption>À gauche page du spécimen Jacoby, à droite "même" page dans celui de Tellenbach</figcaption>
</figure>

<figure>
  <a href="/assets/images/tellenbach/Jacoby-Tellenbach00003.jpg">
  <img src="/assets/images/tellenbach/Jacoby-Tellenbach00003.jpg" />
</a>
  <figcaption>À gauche page du spécimen Jacoby, à droite "même" page dans celui de lTellenbach</figcaption>
</figure>

<p>C’est en faisant l’acquisition de la documentation du fabricant Georges Morel, successeur de Jacoby à Grenoble et dernier fabricant français (actif jusqu’en 1982), que je suis entré en possession de ce spécimen mais également de divers spécimens de Jacoby, dont un porte l’étiquette “A. Jacoby Fils”. Et ce dernier présente, dans un format A4, la plupart des séries montrées dans le spécimen Tellenbach, les mêmes mots y sont imprimés et surtout les mêmes numéros de séries sont utilisés. Ce n’est pas un hasard que ce catalogue se soit transmis dans ce fonds.</p>

<figure>
  <a href="/assets/images/tellenbach/Jacoby-Tellenbach00006.jpg">
  <img src="/assets/images/tellenbach/Jacoby-Tellenbach00006.jpg" />
</a>
  <figcaption>À gauche page du spécimen Jacoby, à droite "même" page dans celui de Tellenbach</figcaption>
</figure>

<figure>
  <a href="/assets/images/tellenbach/Jacoby-Tellenbach00005.jpg">
  <img src="/assets/images/tellenbach/Jacoby-Tellenbach00005.jpg" />
</a>
  <figcaption>À gauche page du spécimen Jacoby, à droite "même" page dans celui de Tellenbach</figcaption>
</figure>

<p>Il ne peut s’agir d’un “simple” plagiat (on aurait utilisé des mots et des numéros différents), alors quelle est la raison de cet emprunt ? Rappelons que quelques années plus tard, on verra également l’exemple de la Fonderie Typographique Française commercialisant sous son nom des caractères du suisse Martin (<a href="http://www.ericnunes-carnet.fr/carnet/specimen-ftf-bois">voir ici</a>). Dutreix le fera également avec des caractères du même Jacoby.</p>

<p>Pour ce cas présent, on doit supposer une volonté d’une part de Tellenbach de s’ouvrir un nouveau marché (mais on la dit, sur un créneau peut être déjà bouché par la concurrence), et d’autre part, comme par un échange de bon procédé, un moyen pour Jacoby d’écouler une partie de sa production sur le marché suisse (on se souviendra la maison Jacoby et Cie est fondée en le 15 février 1891, en association avec Jean-Ignace Delaloye-Vachoud à Sion en Suisse, mais installée à Grenoble.). Les éléments nous manquent pour aller plus loin dans cette analyse.</p>

<figure>
  <a href="/assets/images/tellenbach/Jacoby-Tellenbach00002.jpg">
  <img src="/assets/images/tellenbach/Jacoby-Tellenbach00002.jpg" />
</a>
  <figcaption>À gauche page du spécimen Jacoby, à droite "même" page dans celui de lTellenbach</figcaption>
</figure>

<figure>
  <a href="/assets/images/tellenbach/Jacoby-Tellenbach00001.jpg">
  <img src="/assets/images/tellenbach/Jacoby-Tellenbach00001.jpg" />
</a>
  <figcaption>À gauche page du spécimen Jacoby, à droite "même" page dans celui de lTellenbach</figcaption>
</figure>

<h2 id="les-séries-proposées">Les séries proposées</h2>

<p>Pour en revenir à ce spécimen, l’offre est riche mais sans ostentation, plus riche que celle qui se trouve dans les deux catalogues du fonds Morel. Le catalogue semble s’attacher à donner à voir tous les corps disponibles, de 5 à 60 cicéros. Ni préface ni indications ne précisent, comme c’est parfois le cas, si les caractères sont disponibles en d’autres tailles. Ce spécimen donne des noms génériques à ses caractères, qui relèvent pour la plupart de la classification standard. À l’intérieur de chaque classe chaque corps porte un numéro. Il s’avère intéressant de quantifier l’importance de chaque classe.</p>

<table>
  <thead>
    <tr>
      <th>Nom</th>
      <th>Nombre de pages</th>
    </tr>
  </thead>
  <tbody>
    <tr>
      <td>Antiques</td>
      <td>22</td>
    </tr>
    <tr>
      <td>Égyptiennes</td>
      <td>20</td>
    </tr>
    <tr>
      <td>Italiennes</td>
      <td>18</td>
    </tr>
    <tr>
      <td>Américaines étroites</td>
      <td>3</td>
    </tr>
    <tr>
      <td>Américaines larges</td>
      <td>2</td>
    </tr>
    <tr>
      <td>Penchées italiennes</td>
      <td>1</td>
    </tr>
    <tr>
      <td>Penchées fantaisies</td>
      <td>1</td>
    </tr>
    <tr>
      <td>Antiques modernes</td>
      <td>4</td>
    </tr>
    <tr>
      <td>Fantaisies très étroites</td>
      <td>4</td>
    </tr>
    <tr>
      <td>Fantaisies à battues</td>
      <td>2</td>
    </tr>
    <tr>
      <td>Fantaisies modernes</td>
      <td>4</td>
    </tr>
    <tr>
      <td>Antiques larges modernes</td>
      <td>2</td>
    </tr>
    <tr>
      <td>Série moderne</td>
      <td>2</td>
    </tr>
    <tr>
      <td>Série Deberny</td>
      <td>2</td>
    </tr>
    <tr>
      <td>Fantaisies larges</td>
      <td>2</td>
    </tr>
    <tr>
      <td>Lettres ombrées</td>
      <td>2</td>
    </tr>
    <tr>
      <td>Lettres à deux couleurs</td>
      <td>1</td>
    </tr>
    <tr>
      <td>Chiffres</td>
      <td>1</td>
    </tr>
    <tr>
      <td>Encadrements</td>
      <td>2</td>
    </tr>
    <tr>
      <td>Coins</td>
      <td>1</td>
    </tr>
    <tr>
      <td>Filets simples</td>
      <td>1</td>
    </tr>
    <tr>
      <td>Filets nouveaux</td>
      <td>1</td>
    </tr>
    <tr>
      <td>Filets modernes</td>
      <td>1</td>
    </tr>
    <tr>
      <td>Fermoirs</td>
      <td>1</td>
    </tr>
    <tr>
      <td>Ornements</td>
      <td>1</td>
    </tr>
    <tr>
      <td>Étoiles et sujets</td>
      <td>1</td>
    </tr>
    <tr>
      <td>Mains</td>
      <td>1</td>
    </tr>
  </tbody>
</table>

<p>On le voit, ce spécimen présente dans plus de la moitié de son contenu tout le panel des <em>antiques</em>, <em>égyptiennes</em> et <em>italiennes</em> en usage à l’époque plus un grand nombre de caractères qualifiés de “modernes”. L’impression de “déjà vu” est assez forte dans cette partie moderne, et dans l’ensemble, la production reste sage et ne s’égare pas dans la fantaisie outrancière qui a marqué la production des 30 dernières années du siècle précédant.</p>

<p>La typologie appliquée nous donne toutefois des indices sur l’origine de certains dessins. Ainsi les <em>américaines</em>, 5 pages, ce terme ne fait pas partie du vocabulaire habituel, comme belges ou italiennes qui sont des noms génériques pour des égyptiennes et dont on a perdu le sens. Ici on a manifestement affaire à un terme qui renvoie directement à une inspiration américaine. Et en effet ce caractère copie la <em>romaine Aetna</em> de William Page sortie en 1870<sup id="fnref:2" role="doc-noteref"><a href="#fn:2" class="footnote" rel="footnote">2</a></sup>. C’est plus flagrant encore pour la <em>série Deberny</em>, dans ce cas l’inspiration<sup id="fnref:3" role="doc-noteref"><a href="#fn:3" class="footnote" rel="footnote">3</a></sup> est avouée sous couvert de dédicace (on retrouve ce dessins chez tous les fabricants de l’époque). Ce caractère est copié sur la <a href="https://www.flickr.com/photos/46165392@N05/5975106323/in/album-72157678544004085/">lettre moderne</a> visible dans le catalogue Deberny de 1912.</p>

<p>Les bordures et encadrements sont eux aussi marqués par les goûts de l’époque, à part les bordures imprimées en rouges, plus classiques dans leur inspiration renaissance. Les filets “anglais”, qualifiés de “filets simples” ici, sont proposés, mais on trouve aussi des filets “nouveaux” et “modernes”, ainsi que des fermoirs et des ornements Art nouveau.</p>

<h1 id="autres-exemplaires">Autres exemplaires</h1>

<p>Un exemplaire de ce spécimen existe en Suisse, un autre à la Houghton Library de Harvard (<a href="http://id.lib.harvard.edu/alma/990071777690203941/catalog">notice</a>). De même, je n’ai pas connaissance d’estampilles au nom de ce fabricant sur des caractères en bois, ni de publicités, ce qui incite à penser que cette manufacture n’a eu qu’une existence très brève et n’a pas elle-même produit.</p>

<h2 id="le-catalogue-tellenbach-complet-est-visible-sur-flickr-le-jacoby--également">Le catalogue Tellenbach complet est visible sur <a href="http://bit.ly/2k1aqU2">Flickr</a>, le “Jacoby “ <a href="https://www.flickr.com/photos/ampersandpresslab/albums/72177720295957685">également</a>.</h2>

<figure class="third ">
  
    
      <a href="https://ampersandpresslab.github.io/carnetlab/assets/images/tellenbach/Specimen-Tellenbach_0003.jpg">
        <img src="https://ampersandpresslab.github.io/carnetlab/assets/images/tellenbach/Specimen-Tellenbach_0003.jpg" alt="placeholder image 1" />
      </a>
    
  
    
      <a href="https://ampersandpresslab.github.io/carnetlab/assets/images/tellenbach/Specimen-Tellenbach_0104.jpg">
        <img src="https://ampersandpresslab.github.io/carnetlab/assets/images/tellenbach/Specimen-Tellenbach_0104.jpg" alt="placeholder image 2" />
      </a>
    
  
    
      <a href="https://ampersandpresslab.github.io/carnetlab/assets/images/tellenbach/Specimen-Tellenbach_0100.jpg">
        <img src="https://ampersandpresslab.github.io/carnetlab/assets/images/tellenbach/Specimen-Tellenbach_0100.jpg" alt="placeholder image 3" />
      </a>
    
  
    
      <a href="https://ampersandpresslab.github.io/carnetlab/assets/images/tellenbach/Specimen-Tellenbach_0098.jpg">
        <img src="https://ampersandpresslab.github.io/carnetlab/assets/images/tellenbach/Specimen-Tellenbach_0098.jpg" alt="placeholder image 4" />
      </a>
    
  
    
      <a href="https://ampersandpresslab.github.io/carnetlab/assets/images/tellenbach/Specimen-Tellenbach_0096.jpg">
        <img src="https://ampersandpresslab.github.io/carnetlab/assets/images/tellenbach/Specimen-Tellenbach_0096.jpg" alt="placeholder image 5" />
      </a>
    
  
    
      <a href="https://ampersandpresslab.github.io/carnetlab/assets/images/tellenbach/Specimen-Tellenbach_0091.jpg">
        <img src="https://ampersandpresslab.github.io/carnetlab/assets/images/tellenbach/Specimen-Tellenbach_0091.jpg" alt="placeholder image 6" />
      </a>
    
  
    
      <a href="https://ampersandpresslab.github.io/carnetlab/assets/images/tellenbach/Specimen-Tellenbach_0084.jpg">
        <img src="https://ampersandpresslab.github.io/carnetlab/assets/images/tellenbach/Specimen-Tellenbach_0084.jpg" alt="placeholder image 7" />
      </a>
    
  
    
      <a href="https://ampersandpresslab.github.io/carnetlab/assets/images/tellenbach/Specimen-Tellenbach_0082.jpg">
        <img src="https://ampersandpresslab.github.io/carnetlab/assets/images/tellenbach/Specimen-Tellenbach_0082.jpg" alt="placeholder image 8" />
      </a>
    
  
    
      <a href="https://ampersandpresslab.github.io/carnetlab/assets/images/tellenbach/Specimen-Tellenbach_0080.jpg">
        <img src="https://ampersandpresslab.github.io/carnetlab/assets/images/tellenbach/Specimen-Tellenbach_0080.jpg" alt="placeholder image 9" />
      </a>
    
  
    
      <a href="https://ampersandpresslab.github.io/carnetlab/assets/images/tellenbach/Specimen-Tellenbach_0078.jpg">
        <img src="https://ampersandpresslab.github.io/carnetlab/assets/images/tellenbach/Specimen-Tellenbach_0078.jpg" alt="placeholder image 10" />
      </a>
    
  
    
      <a href="https://ampersandpresslab.github.io/carnetlab/assets/images/tellenbach/Specimen-Tellenbach_0070.jpg">
        <img src="https://ampersandpresslab.github.io/carnetlab/assets/images/tellenbach/Specimen-Tellenbach_0070.jpg" alt="placeholder image 11" />
      </a>
    
  
    
      <a href="https://ampersandpresslab.github.io/carnetlab/assets/images/tellenbach/Specimen-Tellenbach_0068.jpg">
        <img src="https://ampersandpresslab.github.io/carnetlab/assets/images/tellenbach/Specimen-Tellenbach_0068.jpg" alt="placeholder image 12" />
      </a>
    
  
    
      <a href="https://ampersandpresslab.github.io/carnetlab/assets/images/tellenbach/Specimen-Tellenbach_0063.jpg">
        <img src="https://ampersandpresslab.github.io/carnetlab/assets/images/tellenbach/Specimen-Tellenbach_0063.jpg" alt="placeholder image 13" />
      </a>
    
  
    
      <a href="https://ampersandpresslab.github.io/carnetlab/assets/images/tellenbach/Specimen-Tellenbach_0036.jpg">
        <img src="https://ampersandpresslab.github.io/carnetlab/assets/images/tellenbach/Specimen-Tellenbach_0036.jpg" alt="placeholder image 14" />
      </a>
    
  
    
      <a href="https://ampersandpresslab.github.io/carnetlab/assets/images/tellenbach/Specimen-Tellenbach_0016.jpg">
        <img src="https://ampersandpresslab.github.io/carnetlab/assets/images/tellenbach/Specimen-Tellenbach_0016.jpg" alt="placeholder image 15" />
      </a>
    
  
  
    <figcaption>Quelques images du catalogue.
</figcaption>
  
</figure>

<h1 id="bibliographie">Bibliographie</h1>

<ul>
  <li>DEBERNY &amp; Cie, <em>Le Livret typographique. Spécimen de caractères</em>, Deberny &amp; cie.,1912</li>
  <li>PAGE &amp; CO <em>Specimens of chromatic wood type, borders, etc. manufactured by Wm. H. Page &amp; Co.</em> Greeneville, Conn. : The Co., 1874. <a href="http://www.columbia.edu/cu/lweb/digital/collections/cul/texts/ldpd_10147342_000/pages/ldpd_10147342_000_00000031.html?toggle=image&amp;menu=maximize&amp;top=&amp;left=">Version numérique</a></li>
  <li>KELLY (Rob Roy), <em>American Wood Type, 1828-1900: Notes on the Evolution of Decorated and Large Types</em>.</li>
</ul>

<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
  <ol>
    <li id="fn:1" role="doc-endnote">
      <p>Une autre hypothèse serait que ce soit Jacoby qui ait acquis ces caractères auprès de la nouvelle fabrique (en effet nos deux catalogues Jacoby ne sont pas datés), mais c’est très douteux étant donné l’antériorité de la fabrique Jacoby qui remonte à 1891. <a href="#fnref:1" class="reversefootnote" role="doc-backlink">&#8617;</a></p>
    </li>
    <li id="fn:2" role="doc-endnote">
      <p>KELLY “Rob Roy), <em>American Wood Type, 1828-1900: Notes on the Evolution of Decorated and Large Types</em>. p. 138. Un exemple ici dans le superbe catalogue chromatique de Page de 1874 [http://www.columbia.edu/cu/lweb/digital/collections/cul/texts/ldpd_10147342_000/pages/ldpd_10147342_000_00000031.html?toggle=image&amp;menu=maximize⊤=&amp;left=](http://www.columbia.edu/cu/lweb/digital/collections/cul/texts/ldpd_10147342_000/pages/ldpd_10147342_000_00000031.html?toggle=image&amp;menu=maximize&amp;top=&amp;left=” <a href="#fnref:2" class="reversefootnote" role="doc-backlink">&#8617;</a></p>
    </li>
    <li id="fn:3" role="doc-endnote">
      <p>Comme pour l’américaine, l’inspiration relève presque du plagiat, mais on ne s’embarrasse encore guère de propriété intellectuelle à cette époque. <a href="#fnref:3" class="reversefootnote" role="doc-backlink">&#8617;</a></p>
    </li>
  </ol>
</div>]]></content><author><name>Éric Nunes</name><email>ampersandpresslab@gmail.com</email></author><category term="caracteres-bois" /><category term="spécimen" /><category term="caractères bois" /><category term="Fonderie Typographique Française" /><summary type="html"><![CDATA[Catalogue des caractères en bois de la manufacture suisse Tellenbach, qui s'avèrent avoir été gravés par le grenoblois Jacoby. Article mis à jour (mars 2022)]]></summary></entry><entry><title type="html">Découverte d’un fabricant en Vendée</title><link href="https://ampersandpresslab.github.io/carnetlab/carnet/Naud" rel="alternate" type="text/html" title="Découverte d’un fabricant en Vendée" /><published>2022-01-10T00:00:00+00:00</published><updated>2022-01-10T00:00:00+00:00</updated><id>https://ampersandpresslab.github.io/carnetlab/carnet/Naud</id><content type="html" xml:base="https://ampersandpresslab.github.io/carnetlab/carnet/Naud"><![CDATA[<p>L’<a href="https://framaforms.org/recensement-des-caracteres-en-bois-estampilles-francais-ou-frontaliers-1520861119">appel à participation</a> lancé début mars pour une tentative de recensement des fabricants de caractères bois a eu un résultat positif. La première contribution, que l’on doit à <a href="https://www.facebook.com/quentin.preaud?fref=mentions">Quentin Préaud</a> (et je l’en remercie vivement !), m’a donné le nom et la marque d’un “graveur en caractères” que je n’avais pas rencontré jusqu’alors.<br /></p>

<figure>
  <a href="/assets/images/Marque-Naud.jpg">
  <img src="/assets/images/Marque-Naud.jpg" />
</a>
  <figcaption>Marque de L. Naud (collection Q. Préaud).</figcaption>
</figure>

<h1 id="l-naud">L. Naud</h1>

<p>Il s’agit d’un certain L. Naud, l’<em>Almanach du commerce</em> le donne bien pour “graveur en caractères” entre 1893 (peut-être avant) et 1899, aux Sables d’Olonne en Vendée.</p>

<p>La simple mention de “graveur en caractères” n’aurait pas permis de lui attribuer un rôle dans l’industrie qui nous intéresse, ce que l’existence de cet artefact – le caractère marqué – nous autorise à faire. À contrario, il pourrait être intéressant de déterminer si il était effectivement aussi graveur en caractères dans le sens usuel à cette date, celle de graveur de poinçons, mais c’est plus que douteux. À cette époque on a encore affaire – en général – à des apprentis graveurs sur bois (de motifs) ou des graveurs accomplis, passant parfois par l’étape de gravure à façon de “titres blocs” à la demande des imprimeurs, et qui vont se tourner vers ce nouveau débouché qu’est la gravure exclusive de caractères en bois.</p>

<p>C’est en pistant un autre fabricant, connu par sa marque et un spécimen conservé à la bibliothèque Forney, que l’on en apprend plus sur ce monsieur Naud (l’initiale du prénom n’apparaît pas encore). En effet l’<em>Almanach du commerce</em>, pour La Roche-sur-Yon, identifie un “Naud” comme “successeur de Boré” dans la rubrique “Graveur sur bois, lettres d’affiches, caractères en bois pour l’imprimerie”. Dès lors, et sachant que Boré (attesté comme fabricant entre 1861 et 1875 à La Roche-sur-Yon) disparaît du Bottin en 1875, on peut émettre l’hypothèse qu’il s’agisse d’un ancien employé de ce dernier et qu’il reprend son fonds. L’installation aux Sables d’Olonne se fait entre 1879 et 1893. Naud est attesté jusqu’en 1899.</p>

<figure>
  <a href="/assets/images/Naud-G.jpg">
  <img src="/assets/images/Naud-G.jpg" />
</a>
  <figcaption><em>Modern fat faces</em>, caractère de L. Naud (collection Q. Préaud, fonte incomplète).</figcaption>
</figure>

<h1 id="la-vendée">La Vendée</h1>

<p>Ainsi entre La Roche-sur-Yon et les Sables d’Olonne, on peut attester une activité de fabrication de caractères continue en Vendée entre 1861 et 1899.</p>

<figure>
  <a href="/assets/images/Naud-N.jpg">
  <img src="/assets/images/Naud-N.jpg" />
</a>
  <figcaption><em>Modern fat faces</em>, caractère de L. Naud (collection Q. Préaud, fonte incomplète).</figcaption>
</figure>

<h1 id="fabrication">Fabrication</h1>

<p>Difficile de l’affirmer, mais les images montrent à priori une fabrication largement manuelle, au moins pour le Y, l’aspect bombé de l’épaule du caractère est sans équivoque, l’échoppage est fait à la gouge et non à l’aide d’une défonceuse.</p>

<p>À suivre…</p>

<figure>
  <a href="/assets/images/Naud-Y.jpg">
  <img src="/assets/images/Naud-Y.jpg" />
</a>
  <figcaption><em>Antique</em>, caractère de L. Naud (collection Q. Préaud, fonte incomplète).</figcaption>
</figure>]]></content><author><name>Éric Nunes</name><email>ampersandpresslab@gmail.com</email></author><category term="caracteres-bois" /><category term="Naud" /><category term="caractères bois" /><summary type="html"><![CDATA[L'appel à contribution a permis l'identification d'un autre fabricant en Vendée, entre 1893 et 1899, L. Naud. Article mis à jour]]></summary></entry><entry><title type="html">Spécimen des caractères Hamilton pour le marché français.</title><link href="https://ampersandpresslab.github.io/carnetlab/carnet/Hamilton-caslon-specimen" rel="alternate" type="text/html" title="Spécimen des caractères Hamilton pour le marché français." /><published>2020-04-05T00:00:00+00:00</published><updated>2020-04-05T00:00:00+00:00</updated><id>https://ampersandpresslab.github.io/carnetlab/carnet/Hamilton-caslon-specimen</id><content type="html" xml:base="https://ampersandpresslab.github.io/carnetlab/carnet/Hamilton-caslon-specimen"><![CDATA[<h1 id="le-catalogue">Le catalogue</h1>

<p><em>Caractères en bois. Le spécimen le plus complet qui ait encore été offert à Messieurs les Maîtres imprimeurs</em>, H. W. Caslon &amp; Cie, seuls agents de la Hamilton mfg Co, 35, rue Jacob, Paris. 1900.</p>

<figure>
  <a href="/assets/images/hamilton/Specimen_Hamilton-Caslon-1900_0001.jpg">
  <img src="/assets/images/hamilton/Specimen_Hamilton-Caslon-1900_0001.jpg" />
</a>
  <figcaption>Couvrure du catalogue.</figcaption>
</figure>

<p>D’un format de 37 X 26 cm, il compte 107 feuillets (imprimés uniquement au recto) de spécimens pour 110 feuillets en tout. Il semble incomplet (bien que la reliure de notre exemplaire ne le laisse pas penser), au regard de la description faite dans l’article de la <em>Typologie-Tucker</em> qui y est consacré, qui évoque pour sa part un catalogue de 250 pages (on peut supposer en réalité 125 feuillets)<sup id="fnref:1" role="doc-noteref"><a href="#fn:1" class="footnote" rel="footnote">1</a></sup>.</p>

<figure>
  <a href="/assets/images/hamilton/Hamilton_det_0010.jpg">
  <img src="/assets/images/hamilton/Hamilton_det_0010.jpg" />
</a>
  <figcaption>Détail d'une "toscane".</figcaption>
</figure>

<h1 id="les-caractères-présentés">Les caractères présentés</h1>

<p>Ce catalogue reprend l’essentiel des caractères présentés dans le <a href="http://www.unicorngraphics.com/wood%20type%20museum/hamilton14/hamiltonfourteen.asp">spécimen américain</a> n°14 de 1899-1900.</p>

<p>Toutefois il ne présente pas le matériel (Tucker y fait référence, un catalogue à part doit exister). Pour les glyphes, pas de <em>catchwords</em> (ne se pratiquait pas en français), les <em>new series of floral borders</em> ne sont pas disponibles, ainsi que les chiffres pour calendriers perpétuels. Seulement 4 pages de bordures sont proposées, contre 6 dans l’américain. Certaines séries de fantaisies (par exemple p. 91, 92, 93, 102, 103 du catalogue original) et une script présentée comme une nouvelle création ne sont pas reprises non plus, de même pour les caractères gothiques (probablement considérées comme inutiles en France).</p>

<p>À noter, seul le Bradley est présenté sous son nom, les caractères à cette époque avaient encore rarement des noms, le type “grec” (une égyptienne aux angles biseautés) est aussi autoréférencé.</p>

<figure>
  <a href="/assets/images/hamilton/Hamilton_det_0008.jpg">
  <img src="/assets/images/hamilton/Hamilton_det_0008.jpg" />
</a>
  <figcaption>Détail de la nomenclature.</figcaption>
</figure>

<figure>
  <a href="/assets/images/hamilton/Hamilton_det_0009.jpg">
  <img src="/assets/images/hamilton/Hamilton_det_0009.jpg" />
</a>
  <figcaption>Détail de la nomenclature.</figcaption>
</figure>

<p>Les 19 dernières pages présentent ensemble des exemples de grands corps (entre 20 et 40 cicéros) des séries déjà vues dans la première partie. Dans l’exemplaire américain, les dernières pages montrent également des séries en plus grands corps, mais aussi des exemples en taille 48 à 72 lignes.</p>

<p>La nomenclature est la même, les caractères sont présentés sous 10 classes (de L à U) qui correspondent à une échelle de prix à la lettre et chaque dessin à un numéro de série. Le spécimen français n’est pas paginé, l’ordre pouvait donc varier en fonction du brochage.</p>

<figure>
  <a href="/assets/images/hamilton/Hamilton_det_0015.jpg">
  <img src="/assets/images/hamilton/Hamilton_det_0015.jpg" />
</a>
  <figcaption>Détail de la nomenclature.</figcaption>
</figure>

<p>La notice de la <em>Typologie-Tucker</em> vante ce qui fait la particularité des caractères <strong>Hamilton</strong>; les petits et moyens corps sont réalisés en bois debout (c’est le bois de fil qui est très majoritairement en usage en France), dans de l’alisier (équivalent du cormier ou du poirier, utilisés en France), les grands corps sur bois de fil dans de l’érable. Rien n’est dit par contre sur la présence ou non d’un stock à Paris, on peut aisément supposer – sauf peut-être pour quelques corps et dessins d’usage courant – que les caractères étaient envoyés du Wisconsin sur commande. Les lettres sont bien entendu proposées en hauteur française et point didot.</p>

<h1 id="la-réalisation">La réalisation</h1>

<p>Ce catalogue est totalement en français. Il a donc bien été imprimé à dessein, pour la firme <strong>Calson</strong>. Comme on l’a indiqué plus haut, ce spécimen paraît au même moment que l’édition américaine. Au-delà de la simple comparaison des caractères qu’il contient, sa mise en forme peut nous apprendre dans quel contexte il a pu être composé et imprimé.</p>

<figure>
  <a href="/assets/images/hamilton/comp_Hamilton-Caslon.jpg">
  <img src="/assets/images/hamilton/comp_Hamilton-Caslon.jpg" />
</a>
  <figcaption>Comparaison d'une page de l'édition américaine (Unicorn Graphics collection) et française.</figcaption>
</figure>

<p>Comme le montrent l’exemple ci-dessus et le suivant, tout porte à croire que le catalogue a été imprimé en même temps que l’édition américaine (ou qu’il part des mêmes formes, peut-être conservées d’une année sur l’autre). En effet on constate sur plusieurs pages une composition quasi identique, parfois avec les mêmes mots, bien que le plus souvent les mots soient traduits (quand cela était rendu possible par la mise en page en colonne), non sans erreurs parfois (par exemple “grands bale” pour bals). On y retrouve également des phrases autoréférentiels comme celle-ci “bois de bout”, “caractères en bois de fabrication supérieure”, “remarquable caractère”…</p>

<figure>
  <a href="/assets/images/hamilton/comp_Hamilton-Caslon2.jpg">
  <img src="/assets/images/hamilton/comp_Hamilton-Caslon2.jpg" />
</a>
  <figcaption>Comparaison d'une page de l'édition américaine (Unicorn Graphics collection) et française.</figcaption>
</figure>

<h1 id="contexte-et-réception">Contexte et réception</h1>

<p>Après avoir pris le pas sur la concurrence aux États-Unis (en 1900 la firme est la plus importante du pays, et a absorbé ses principaux concurrents), la Hamilton Mfg Co veut s’ouvrir un marché sur le vieux continent. Après une première prise de contact du directeur du bureau de New York de la Hamilton Mfg Co, Henry L. Bullen, en 1896, avec la maison mère Caslon à Londres, Hamilton passe une convention commerciale avec Caslon Paris en janvier 1898<sup id="fnref:2" role="doc-noteref"><a href="#fn:2" class="footnote" rel="footnote">2</a></sup>. Caslon Paris se trouve être le distributeur exclusif de tout le catalogue des caractères en bois mais aussi du matériel fabriqué aux États-Unis, pour la France et la Belgique<sup id="fnref:3" role="doc-noteref"><a href="#fn:3" class="footnote" rel="footnote">3</a></sup>.</p>

<figure>
  <a href="/assets/images/hamilton/Hamilton_det_0019.jpg">
  <img src="/assets/images/hamilton/Hamilton_det_0019.jpg" />
</a>
  <figcaption>Détail des manicules.</figcaption>
</figure>

<p>Pour autant, il ne me paraît pas évident que le public visé ait adhéré. D’une part, le marché était relativement bien pourvu, pourquoi alors passer par un revendeur parisien et attendre la livraison depuis les États-Unis et d’autre part, l’échantillonnage du “marché” (appelons ainsi ma pratique de collection et de documentation, on pourrait aussi parler de “veille documentaire”) et des collections existantes ne laisse pas apparaître un nombre conséquent de caractères estampillés Hamilton (je n’ai moi-même que quelques lettres, et ai rarement vu signalé une fonte complète). Mais attention, la pratique américaine de ne marquer que les A peut être la cause de cette impression. Et tout n’est pas documenté. Je ne doute pas que ce point mériterait une investigation plus approfondie.</p>

<h1 id="le-catalogue-complet-est-visible-sur-flickr">Le catalogue complet est visible sur <a href="https://flic.kr/s/aHsmMqnFS6">Flickr</a>.</h1>

<figure class="third ">
  
    
      <a href="https://ampersandpresslab.github.io/carnetlab/assets/images/hamilton/Specimen_Hamilton-Caslon-1900_0003.jpg">
        <img src="https://ampersandpresslab.github.io/carnetlab/assets/images/hamilton/Specimen_Hamilton-Caslon-1900_0003.jpg" alt="placeholder image 1" />
      </a>
    
  
    
      <a href="https://ampersandpresslab.github.io/carnetlab/assets/images/hamilton/Specimen_Hamilton-Caslon-1900_0008.jpg">
        <img src="https://ampersandpresslab.github.io/carnetlab/assets/images/hamilton/Specimen_Hamilton-Caslon-1900_0008.jpg" alt="placeholder image 2" />
      </a>
    
  
    
      <a href="https://ampersandpresslab.github.io/carnetlab/assets/images/hamilton/Specimen_Hamilton-Caslon-1900_0011.jpg">
        <img src="https://ampersandpresslab.github.io/carnetlab/assets/images/hamilton/Specimen_Hamilton-Caslon-1900_0011.jpg" alt="placeholder image 3" />
      </a>
    
  
    
      <a href="https://ampersandpresslab.github.io/carnetlab/assets/images/hamilton/Specimen_Hamilton-Caslon-1900_0012.jpg">
        <img src="https://ampersandpresslab.github.io/carnetlab/assets/images/hamilton/Specimen_Hamilton-Caslon-1900_0012.jpg" alt="placeholder image 4" />
      </a>
    
  
    
      <a href="https://ampersandpresslab.github.io/carnetlab/assets/images/hamilton/Specimen_Hamilton-Caslon-1900_0016.jpg">
        <img src="https://ampersandpresslab.github.io/carnetlab/assets/images/hamilton/Specimen_Hamilton-Caslon-1900_0016.jpg" alt="placeholder image 5" />
      </a>
    
  
    
      <a href="https://ampersandpresslab.github.io/carnetlab/assets/images/hamilton/Specimen_Hamilton-Caslon-1900_0027.jpg">
        <img src="https://ampersandpresslab.github.io/carnetlab/assets/images/hamilton/Specimen_Hamilton-Caslon-1900_0027.jpg" alt="placeholder image 6" />
      </a>
    
  
    
      <a href="https://ampersandpresslab.github.io/carnetlab/assets/images/hamilton/Specimen_Hamilton-Caslon-1900_0068.jpg">
        <img src="https://ampersandpresslab.github.io/carnetlab/assets/images/hamilton/Specimen_Hamilton-Caslon-1900_0068.jpg" alt="placeholder image 7" />
      </a>
    
  
    
      <a href="https://ampersandpresslab.github.io/carnetlab/assets/images/hamilton/Specimen_Hamilton-Caslon-1900_0082.jpg">
        <img src="https://ampersandpresslab.github.io/carnetlab/assets/images/hamilton/Specimen_Hamilton-Caslon-1900_0082.jpg" alt="placeholder image 8" />
      </a>
    
  
    
      <a href="https://ampersandpresslab.github.io/carnetlab/assets/images/hamilton/Specimen_Hamilton-Caslon-1900_0091.jpg">
        <img src="https://ampersandpresslab.github.io/carnetlab/assets/images/hamilton/Specimen_Hamilton-Caslon-1900_0091.jpg" alt="placeholder image 9" />
      </a>
    
  
    
      <a href="https://ampersandpresslab.github.io/carnetlab/assets/images/hamilton/Specimen_Hamilton-Caslon-1900_0095.jpg">
        <img src="https://ampersandpresslab.github.io/carnetlab/assets/images/hamilton/Specimen_Hamilton-Caslon-1900_0095.jpg" alt="placeholder image 10" />
      </a>
    
  
    
      <a href="https://ampersandpresslab.github.io/carnetlab/assets/images/hamilton/Specimen_Hamilton-Caslon-1900_0109.jpg">
        <img src="https://ampersandpresslab.github.io/carnetlab/assets/images/hamilton/Specimen_Hamilton-Caslon-1900_0109.jpg" alt="placeholder image 11" />
      </a>
    
  
    
      <a href="https://ampersandpresslab.github.io/carnetlab/assets/images/hamilton/Specimen_Hamilton-Caslon-1900_0111.jpg">
        <img src="https://ampersandpresslab.github.io/carnetlab/assets/images/hamilton/Specimen_Hamilton-Caslon-1900_0111.jpg" alt="placeholder image 12" />
      </a>
    
  
  
    <figcaption>Quelques images du catalogue.
</figcaption>
  
</figure>

<h1 id="bibliographie-et-sources">Bibliographie et sources</h1>

<ul>
  <li>Sur Hamilton et les caractères bois aux États Unis, voir <a href="http://www.woodtyperesearch.com/j-e-hamilton/">David Shields</a>.</li>
  <li>Spécimen <em>Hamilton’s wood type</em> n° 14, 1899-1900 <a href="http://www.unicorngraphics.com/wood%20type%20museum/hamilton14/hamiltonfourteen.asp">consulté en avril 2020</a></li>
  <li><em>La Typologie Tucker &amp; circulaire Cason</em>, numéros 331 de 898 et 351 de 1900. -</li>
</ul>

<figure>
  <a href="/assets/images/hamilton/Hamilton_det_0020.jpg">
  <img src="/assets/images/hamilton/Hamilton_det_0020.jpg" />
</a>
  <figcaption>Détail de la couverture.</figcaption>
</figure>

<h2 id="notes">Notes</h2>

<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
  <ol>
    <li id="fn:1" role="doc-endnote">
      <p><a href="https://bibliotheques-specialisees.paris.fr/ark:/73873/pf0001832899/1900/n351/v0001.simple.selectedTab=search.highlight=bois">article de Typologie-Tucker de mars 1900</a> recension du catalogue <a href="#fnref:1" class="reversefootnote" role="doc-backlink">&#8617;</a></p>
    </li>
    <li id="fn:2" role="doc-endnote">
      <p>Information fournie par David Shields. <a href="#fnref:2" class="reversefootnote" role="doc-backlink">&#8617;</a></p>
    </li>
    <li id="fn:3" role="doc-endnote">
      <p>voir à ce sujet <a href="https://bibliotheques-specialisees.paris.fr/ark:/73873/pf0001832899/1898/n331/v0001.simple.selectedTab=search.highlight=bois">l’article</a> paru en 1898 dans le numéro 331 de <em>La Typologie Tucker &amp; circulaire Cason</em>, <a href="#fnref:3" class="reversefootnote" role="doc-backlink">&#8617;</a></p>
    </li>
  </ol>
</div>]]></content><author><name>Éric Nunes</name><email>ampersandpresslab@gmail.com</email></author><category term="caracteres-bois" /><category term="spécimen" /><category term="caractères bois" /><category term="Hamilton Mfg Co" /><summary type="html"><![CDATA[Catalogue des caractères en bois de la manufacture Hamilton paru en 1900 pour le marché français]]></summary></entry><entry><title type="html">Le premier fabricant de caractères en bois de Bressuire.</title><link href="https://ampersandpresslab.github.io/carnetlab/carnet/Delamarre-Bressuire" rel="alternate" type="text/html" title="Le premier fabricant de caractères en bois de Bressuire." /><published>2020-03-10T00:00:00+00:00</published><updated>2020-03-10T00:00:00+00:00</updated><id>https://ampersandpresslab.github.io/carnetlab/carnet/Delamarre-Bressuire</id><content type="html" xml:base="https://ampersandpresslab.github.io/carnetlab/carnet/Delamarre-Bressuire"><![CDATA[<h1 id="aux-origines-des-manufactures-de-caractères-en-bois-de-bressuire">Aux origines des manufactures de caractères en bois de Bressuire</h1>

<p>Dans son ouvrage <em>Chronologie des arts graphiques</em>, René Billoux évoque comme suit l’apparition des caractères en bois :</p>

<blockquote>
  <p><strong>Caractères en bois</strong> Stanislas Bouquot, imprimeur à Troyes, exilé en 1816, apprit en Angleterre à sculpter les lettres et les lignes de titres en bois pour affiches, il en rapporta à son retour en 1820. En 1839, un industriel de Beaugency imagine des lettres isolées en bois pour les affiches. C’est M. Delamarre qui monta le premier atelier de gravure pour ces caractères, à Bressuire, en 1841.</p>
</blockquote>

<p>Comme souvent dans ce genre de travaux, les affirmations sont lapidaires et surtout ne sont pas sourcées ! Stanislas Bouquot est bien un imprimeur troyen, un temps exilé à Jersey pour ses activités politiques, mais son rôle dans l’introduction en France de la gravure de titres sur bois n’est pas attesté ailleurs en l’état de mes recherches. Un industriel de Beaugency aurait “imaginé” de fabriquer des lettres en bois isolées, ici pas même de nom, c’est encore plus vague, si ce n’est plus douteux. En effet, il est connu que cette pratique de tailler des lettres isolées en bois est bien antérieure, au moins de façon artisanale dans les ateliers d’imprimerie ou ne serait-ce que par la preuve qu’en apporte un autre article de 1839 paru dans les <em>Annales de la typographie française</em>, confortée par des sources matérielles, de l’existence à Nancy, dès 1837, d’un imprimeur fabricant des lettres en bois en vue de les commercialiser ( <a href="/carnet/Paullet-Nancy">le billet sur Paullet</a>) (sans parler des Américains qui industrialisent ce procédé dans les années 1830). Le dernier point est toutefois plus intéressant. Billoux nous livre un nom, une date et une ville !</p>

<p>Ce Delamarre a résisté un temps à mes recherches, je cherchais un fabricant de caractères en bois. Mais cet homme était aussi un opposant politique – encore un ! Et c’est comme tel que j’ai pu l’identifier et valider qu’il s’agissait bien de celui cité par Billoux. En effet si Delamarre a laissé des traces dans l’histoire, c’est avant tout pour ses orientations politiques. Ses occupations à Bressuire, au moment de son arrestation, nous sont connues par les archives des proscriptions qui ont suivies le coup d’État de 1851.</p>

<h1 id="félix-delamarre">Félix Delamarre</h1>

<p>Notre fabricant se nomme <strong>Félix Delamarre</strong>, il est né à Tours en 1814. Les pièces relatives à son expulsion du territoire nous apprennent qu’il était commerçant : marchand de faïences, mais aussi qu’il possédait une fabrique de lettres en bois pour imprimeurs. Il est arrêté à la suite du coup d’État de Louis-Napoléon Bonaparte du 2 décembre 1851. On lui reproche des activités séditieuses : démocrate socialiste, il conteste la prise de pouvoir de Bonaparte, et organise chez lui des rencontres d’opposants. Proscrit en février 1852, il est au Havre fin mars et embarque sur le <a href="https://aad.archives.gov/aad/record-detail.jsp?dt=2102&amp;mtch=8&amp;cat=all&amp;q=delamarre&amp;mtch=8&amp;bc=&amp;rpp=10&amp;pg=1&amp;tf=F&amp;rid=88155&amp;rlst=88155,3930181,3930182,3930183,3939225,3940379,4044143,4044144">Caspian</a> en route pour New York.</p>

<p>On retrouve sa trace fin 1852 lorsqu’il sollicite une première fois sa grâce et l’autorisation de revenir en France pour régler ses affaires. On lui accorde un mois, non sans le surveiller sans relâche, il est même l’objet d’une lettre anonyme<sup id="fnref:1" role="doc-noteref"><a href="#fn:1" class="footnote" rel="footnote">1</a></sup>, prêtant des motifs politiques à son retour.</p>

<p>Début 1853, il doit repartir pour les États-Unis, en passant par Jersey, où il croisera Victor Hugo, autour duquel gravitent de nombreux proscrits. Son nom apparaîtra dans un ouvrage dans lequel est relaté comment fut démasqué un espion infiltré dans le groupe rassemblé autour de Hugo<sup id="fnref:2" role="doc-noteref"><a href="#fn:2" class="footnote" rel="footnote">2</a></sup>. Il restera ensuite exilé 28 ans dans le Wisconsin. En 1881, de retour à Bressuire, il fait une demande d’indemnisation au titre des victimes du coup d’État de 1851. Il se verra accorder une pension de 1200 francs.</p>

<h1 id="que-nous-apprennent-ces-pièces-darchive-sur-sa-fabrique-">Que nous apprennent ces pièces d’archive sur sa fabrique ?</h1>

<p>Diverses mentions dans les documents d’archives de 1852 concernant son affaire et les déclarations de ses témoins de moralité en 1881 nous apprennent effectivement et sans équivoque que Félix Delamarre possédait à Bressuire une fabrique de caractères en bois pour l’imprimerie :</p>

<blockquote>
  <p>Les bruits se répandent en la ville de Bressuire que le sieur Delamarre fabricant de lettres […]. (14 septembre 1852, lettre de calomnie)</p>
</blockquote>

<blockquote>
  <p>Marchand de faïence et fabricant de lettres en bois pour l’imprimerie, il a été forcé de vendre ces deux branches de commerce, qui étaient pour lui ses seuls moyens d’existence (9 août 1881, témoignage de moralité)</p>
</blockquote>

<p>C’est son propre témoignage qui nous en apprend le plus :</p>

<blockquote>
  <p>[…] Mais la perte qui m’a été le plus sensible a été celle de ma fabrique de lettres en bois, industrie que j’avais créée à laquelle je tenais extraordinairement, et qui tous les jours prenait plus d’extension. Au moment de la catastrophe j’occupais huit ouvriers et je ne pouvais suffire aux commandes. La dernière année j’avais réalisé 8000 francs de bénéfices – avec la perspective de les voir doubler – ce qui serait certainement arrivé un peu plus tard avec liberté de l’imprimerie qui n’existait pas lorsque j’ai été proscrit. Aujourd’hui cette industrie est encore entre les mains de mes anciens ouvriers ou de leurs successeurs, à Bressuire seulement elle occupe une quinzaine d’ouvriers. En quittant la France je suis parti pour les États-Unis, et le hasard m’a poussé dans le Far-West (État du Wisconsin), où j’ai vécu pendant plus de vingt ans. J’y avais acheté une petite terre, et ce n’est qu’en 1875 que j’ai pu la revendre, ce qui m’a donné les moyens de pouvoir rentrer dans ma patrie. F. Delamarre</p>
</blockquote>

<figure>
  <a href="/assets/images/delamarre/00009164 - copie.jpg">
  <img src="/assets/images/delamarre/00009164 - copie.jpg" />
</a>
  <figcaption>Extrait du plaidoyer de Delamarre (Archives départementales des Deux-Sèvres, 4 M 6/17, 4 M 15/4).</figcaption>
</figure>

<p>Si seul Billoux évoque un début d’activité en 1841 <sup id="fnref:3" role="doc-noteref"><a href="#fn:3" class="footnote" rel="footnote">3</a></sup>, on peut néanmoins supposer cette date exacte. En effet, en 1852, Delamarre dit employer 8 ouvriers, ce qui est déjà très important pour une telle activité, et ne peut que s’être fait sur une période importante d’exercice. Par ailleurs (bien qu’on puisse y voir quelques exagérations visant à amadouer les fonctionnaires chargés d’examiner son cas), il s’attendait dès 1853 à doubler ses bénéfices. Rien de très surprenant non plus, à cette date, devant l’afflux de demande de caractères d’affiches, Delamarre apparaît comme un des seuls à s’être spécialisé dans ce type d’articles en France (on ne connaît d’autre que Paullet à Nancy). C’est aussi à cette époque que les imprimeurs se tournent de plus en plus vers le bois, bien moins onéreux que les clichés polytypes.</p>

<h1 id="les-concurrents-et-successeurs-de-delamarre">Les concurrents et successeurs de Delamarre</h1>

<p>En 1848, si l’on en croit un article paru dans la <a href="https://bibliotheques-specialisees.paris.fr/ark:/73873/pf0001832899/1877/n51/v0005.simple.highlight=bressuire.selectedTab=search"><em>Typologie-Tucker</em></a> en 1877, un autre fabricant s’est lancé, il s’agit de Armand Chabauty, a priori associé au libraire Moreau. Mais l’hypothèse le plus viable serait que Chabauty est le repreneur de Delamarre en 1852-1853 (et qu’il fût l’un de ses ouvriers), et qu’il fasse remonter l’origine de son activité au début de celle de ce Delamarre pour accroître son prestige commercial. Delamarre a quoi qu’il en soit eu une belle “descendance” ; Bressuire abritera des fabricants de caractères en bois sans discontinuer jusque vers 1965 (Henri Dureau). Dans son plaidoyer, il nous indique qu’en 1881, après son retour, jusqu’à quinze personnes sont employées dans cette branche à Bressuire, dont certains de ses anciens ouvriers. En effet, une activité si prospère ne pouvait manquer de trouver repreneur, c’est probablement ce que Delamarre venait régler en sollicitant son retour temporaire en 1852.</p>

<p>On sait aujourd’hui que vers 1880, 4 raisons sociales au moins se sont succédé ou ont cohabité à Bressuire. Armand Chabauty (actif dès 1848 ? ou 52 avec Moreau), Chabauty-Ploquin, puis Ploqui-Chabauty, Ploquin seul, puis vers 1881 E. Ploquin, et son concurrent direct pendant quelques années, Constant Audebaud (voir <a href="/carnet/billet-bressuire">ce billet</a>).</p>

<h1 id="le-sieur-sainson">Le “sieur Sainson”</h1>

<p>Les pièces du dossier nous donnent le nom d’un autre proscrit, en lien avec Delamarre. En effet les documents évoquent un ancien employé, un certain Gilbert-Léon Sainson, à cette date assigné dans la Nièvre et interdit de cité à Bressuire. La police craint que les deux individus ne cherchent à se revoir, pour des activités politiques, on peut également penser que Delamarre cherche à régler la reprise de sa fabrique <sup id="fnref:4" role="doc-noteref"><a href="#fn:4" class="footnote" rel="footnote">4</a></sup>. Quoi qu’il en soit, suite à la vigilance policière et même à une dénonciation, ils ne se rencontreront semble-t-il pas.</p>

<p>Mais ce Sainson ne nous est pas inconnu, on l’a identifié comme fabricant de caractères bois à Argenton, dans l’Indre (attesté par <em>L’Annuaire du commerce</em> en 1861, mais probablement installé dès 1854-55). Delamarre n’aura donc pas seulement essaimé à Bressuire ! D’après sa <a href="http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article37522">notice</a> dans le Maitron, Sainson aurait un temps repris la fabrique de Delamarre, avant d’être interdit de séjour à Bressuire et assigné à Argenton.</p>

<blockquote>
  <p>Le 27 juin 1853, le préfet des Deux-Sèvres écrivait au ministre de l’Intérieur que Sainson, qui, entre temps, avait acquis la fabrique de caractères d’imprimerie de Delamarre, était « redevenu, plus ou moins ouvertement, homme de propagande et celui autour duquel se rallient les débris de la coterie socialiste de Bressuire. » Par arrêté préfectoral du 27 juillet 1853, Sainson fut alors interdit de séjour dans les Deux-Sèvres, en Maine-et-Loire, dans la Vendée et la Vienne. Il quitta Bressuire le 1er septembre 1853 et se retira à Argenton-sur-Creuse (Indre) (sources Archives départementales des Deux-Sèvres, 4 M 6/17, 4 M 15/4)</p>
</blockquote>

<figure>
  <a href="/assets/images/Marque-L-Saison.jpg">
  <img src="/assets/images/Marque-L-Saison.jpg" />
</a>
  <figcaption>Marque L. Saison.</figcaption>
</figure>

<h1 id="la-part-de-mystère">La part de mystère</h1>

<p>Quelques éléments dans ces documents restent cependant intriguant, laissons nous ici aller à faire quelques suppositions (qu’il restera à étayer).</p>

<p>Que faisait Delamarre aux États-Unis, le pays qui a “inventé” l’industrie du caractères bois entre 1828 et 1838. On ne peut imaginer que ce commerce qui était en passe de devenir pour lui si prospère ait cessé de l’intéresser une fois là-bas. Qui plus est, il débarque à New-York, où à cette période Ebenezer Russell <a href="http://www.woodtyperesearch.com/e-r-webb/">Webb</a> était en activité.</p>

<p>Par ailleurs, une lettre du sous-préfet du 1er septembre 1852, qui demande l’autorisation d’un retour temporaire pour que Delamarre règle ses affaires, évoque ce détail :</p>

<blockquote>
  <p>Il est maintenant établi aux ÉTATS-UNIS ou il a déjà formé un établissement semblable à celui qu’il avait eu.</p>
</blockquote>

<figure>
  <a href="/assets/images/delamarre/FRAD079_4M_000183_0016 - copie.jpg">
  <img src="/assets/images/delamarre/FRAD079_4M_000183_0016 - copie.jpg" />
</a>
  <figcaption>Extrait du document du 1er septembre 1852 (Archives nationales FRAD079_4M_000183_0016).</figcaption>
</figure>

<p>Qui est repris dans une lettre du 8.</p>

<figure>
  <a href="/assets/images/delamarre/FRAD079_4M_000183_0019 - copie.jpg">
  <img src="/assets/images/delamarre/FRAD079_4M_000183_0019 - copie.jpg" />
</a>
  <figcaption>Extrait du document du 8 septembre 1852, où il est également évoqué la constitution d'une fabrique dans le Wisconsin (Archives Nationales FRAD079_4M_000183_0019).</figcaption>
</figure>

<p>Delamarre aurait, dès son arrivée, relancé une activité de graveur en lettres. Un élément repris par le Maitron (mais qui a vraisemblablement la même source) qui précise dans sa <a href="https://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article29653">notice</a> qu’il exerça comme graveur dans le Wisconsin – l’état qui verra naître, plus de dix ans après son départ, la firme Hamilton….</p>

<p>Nous n’en savons malheureusement pas plus pour le moment sur cette supposée activité américaine de Delamarre. Pas plus que nous ne savons s’il s’est rapproché de ses anciens collègues à son retour à Bressuire. À moins qu’il n’ait rapporté à Ploquin, qui en fait un de ses arguments de vente, les outils propres à travailler “mécaniquement” les caractères, à savoir l’usage de la fraiseuse, si ce n’est du pantographe, utilisé aux États-Unis depuis plus de quarante ans…</p>

<h1 id="bibliographie-et-sources">Bibliographie et sources</h1>

<ul>
  <li>Pièces relatives à la demande d’indemnisation de Félix Delamarre, Archives départementales des Deux-Sèvres, 4 M 6/17, 4 M 15/4 ;</li>
  <li>Sur Sainson : Archives départementales des Deux-Sèvres, 4 M 6/17, 4 M 15/4 ;</li>
  <li><em>À la France. L’agent provocateur Hubert, Jersey</em> : imprimerie universelle, [1853] ;</li>
  <li>Jean-Claude Farcy, Rosine Fry, « Delamarre - Félix », <em>Poursuivis à la suite du coup d’État de décembre 1851</em>, Centre Georges Chevrier - (Université de Bourgogne/CNRS), [En ligne], consulté le le 12 mars 2020 <a href="http://poursuivis-decembre-1851.fr/index.php?page=fiches/notice&amp;individu=35369">http://poursuivis-decembre-1851.fr/index.php?page=fiches/notice&amp;individu=35369</a> ;</li>
  <li>Pièces relatives Félix Delamarre, Archives nationales F/15/4088</li>
  <li>“Bulletin officiel (Union syndicale des maîtres imprimeurs de France)”, n° 9, septembre 1919 : <em>Chronologie des arts graphiques</em>, René Billoux disponible en ligne sur le site des Bibliothèques de Paris <a href="https://bibliotheques-specialisees.paris.fr/ark:/73873/pf0000555075/1919/n9/v0030.simple.selectedTab=search">https://bibliotheques-specialisees.paris.fr/ark:/73873/pf0000555075/1919/n9/v0030.simple.selectedTab=search</a></li>
  <li>Sur les caractères bois aux États Unis, voir <a href="http://www.woodtyperesearch.com/j-e-hamilton/">David Shields</a>.</li>
</ul>

<h2 id="notes">Notes</h2>

<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
  <ol>
    <li id="fn:1" role="doc-endnote">
      <p>voir la pièce FRAD079_4M_000183_0024 des Archives nationales. <a href="#fnref:1" class="reversefootnote" role="doc-backlink">&#8617;</a></p>
    </li>
    <li id="fn:2" role="doc-endnote">
      <p>voir : <em>À la France. L’agent provocateur Hubert</em> <a href="https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5440326b/f12.item.r=goupy">Gallica</a> <a href="#fnref:2" class="reversefootnote" role="doc-backlink">&#8617;</a></p>
    </li>
    <li id="fn:3" role="doc-endnote">
      <p>on peut à coup sûr remonter à 1848, dans l’hypothèse que Chabauty soit un des repreneurs, car ce dernier fait remonter à cette date l’origine de son commerce. <a href="#fnref:3" class="reversefootnote" role="doc-backlink">&#8617;</a></p>
    </li>
    <li id="fn:4" role="doc-endnote">
      <p>C’est ce qu’évoque une de ses demandes. <a href="#fnref:4" class="reversefootnote" role="doc-backlink">&#8617;</a></p>
    </li>
  </ol>
</div>]]></content><author><name>Éric Nunes</name><email>ampersandpresslab@gmail.com</email></author><category term="caracteres-bois" /><category term="Delamarre" /><category term="Sainson" /><category term="Bressuire" /><category term="caractères bois" /><summary type="html"><![CDATA[Le premier fabricant de caractères en bois de Bressuire s'appelait Félix Delamarre, il exerçait entre 1841 [?] et 1852.]]></summary></entry><entry><title type="html">Découverte de caractères en bois d’un fabricant de Nancy en 1837.</title><link href="https://ampersandpresslab.github.io/carnetlab/carnet/Paullet-Nancy" rel="alternate" type="text/html" title="Découverte de caractères en bois d’un fabricant de Nancy en 1837." /><published>2020-02-28T00:00:00+00:00</published><updated>2020-02-28T00:00:00+00:00</updated><id>https://ampersandpresslab.github.io/carnetlab/carnet/Paullet-Nancy</id><content type="html" xml:base="https://ampersandpresslab.github.io/carnetlab/carnet/Paullet-Nancy"><![CDATA[<h1 id="adrien-paullet-1800-1848">Adrien Paullet (1800-1848)</h1>

<p>François, Joseph, Adrien Paullet est imprimeur à Nancy, il exerce entre 1830 et 1843. D’après <a href="http://elec.enc.sorbonne.fr/imprimeurs/node/25754">la base</a> des imprimeurs de l’École des Chartes, il est né en 1800 à Nancy, d’un père médecin. En 1830 il reprend l’imprimerie de Jean-Baptiste Raimond (1806-1830 ?), passage du Casino (rue des Dominicains) à Nancy, en 1829 il demande sans succès un brevet de lithographe, il semble l’obtenir rapidement puisqu’il édite ses premières lithographies dès 1832. Il obtient un brevet d’imprimeur en lettres en 1834, puis de libraire en 1839.</p>

<p>Dès 1835 il est amené, en tant qu’imprimeur de la mairie et de la cour royale puis de la préfecture, à imprimer de nombreux placards. Le 5 janvier 1843, un incendie fait quelques dégâts dans son atelier <sup id="fnref:1" role="doc-noteref"><a href="#fn:1" class="footnote" rel="footnote">1</a></sup>. En février de la même année, il se retire, durant 2 ans on trouve la mention sur des placards d’un certain J. Troup, donné comme successeur (on peut supposer qu’il s’agit d’un ouvrier de Paullet), mais c’est Louis Félix Christophe (1843-1874) qui reprend officiellement son activité.</p>

<h1 id="que-sait-on-de-ses-activités-de-fabricant-">Que sait-on de ses activités de fabricant ?</h1>

<p>Le nom de Paullet est apparu au hasard de mes recherches sur les caractères bois. Un article des <a href="https://books.google.fr/books?id=mhkDAAAAYAAJ&amp;pg=PP90&amp;dq=lettres+de+fonte+paullet&amp;hl=fr&amp;sa=X&amp;ved=0ahUKEwjBkL_o2_fnAhUBqxoKHblkDRIQ6AEIXDAG#v=onepage&amp;q=lettres%20de%20fonte%20paullet&amp;f=false"><em>Annales de la typographie française</em></a> de 1839 évoque une innovation de cet imprimeur concernant les caractères d’affiches, mais il indique aussi, au détour d’une phrase, qu’il fabrique des caractères d’affiches en bois depuis 1837, c’est ce point qui a retenu mon attention. Le connaissant par ailleurs comme imprimeur pour avoir déjà eu ses impressions entre les mains à la bibliothèque de Nancy, j’ai mis cette note de coté. À l’époque je n’ai rien trouvé sur cette activité de fabricant, néanmoins aujourd’hui, au regard des caractères marqués que je viens d’acquérir, cette simple mention prends une autre dimension et mérite qu’on y accorde de l’importance.</p>

<p>En effet cette date approximative de 1837 mentionnée dans l’article fait de Paullet le premier “producteur” de caractères en bois pour affiches identifié en France (sans préjuger d’autres découvertes bien entendu).</p>

<figure>
  <a href="/assets/images/Paullet-Egypt-19c-02.jpg">
  <img src="/assets/images/Paullet-Egypt-19c-02.jpg" />
</a>
  <figcaption>Égyptienne de A.F. Paullet. Chaque lettre est marquée</figcaption>
</figure>

<h1 id="production-personnelle-ou-pour-commercialisation-">Production personnelle ou pour commercialisation ?</h1>

<p>Dans son activité d’imprimeur de la ville de Nancy, Paullet doit imprimer de très nombreux placards <sup id="fnref:2" role="doc-noteref"><a href="#fn:2" class="footnote" rel="footnote">2</a></sup> , et a donc un besoin important de lettres d’affiches. Il est directement confronté au problème de la disponibilité et du coût des grands corps, c’est donc tout naturellement qu’il se met à en produire pour lui-même, en bois, comme l’ont fait nombre d’imprimeurs. Là où sa pratique diffère, c’est qu’il appose une marque sur tous ses caractères.</p>

<figure>
  <a href="/assets/images/Paullet-Marque.jpg">
  <img src="/assets/images/Paullet-Marque.jpg" />
</a>
  <figcaption>Marque de A.F. Paullet. Chaque lettre est marquée</figcaption>
</figure>

<p>La pratique de marquer les fontes en plomb comme en bois est relativement commune, mais les caractères marqués entre 1835 et 1850 parvenus jusqu’à nous sont rares. Pour ma part je n’en connais qu’une occurrence, en 1839, mais sur des polytypes, ceux qu’a produit Tarbé (voir article sur la <a href="/carnet/genoise-tarbe">Génoise de Tarbé</a>). Marquer ses caractères a une double vocation, publicitaire bien sûr, mais la marque sert aussi à se prévaloir des copies – pratique rendue extrêmement aisée par l’usage du polytypage.</p>

<p>Si Paullet a marqué ses productions, et si l’article prend la peine de signaler qu’il “fabriquait des lettres en bois pour affiches”, il ne fait aucun doute que ses caractères n’étaient pas réservés à son activité propre, mais bel et bien destinés à être commercialisés, au moins localement <sup id="fnref:3" role="doc-noteref"><a href="#fn:3" class="footnote" rel="footnote">3</a></sup> .</p>

<h1 id="la-fabrication">La fabrication</h1>

<p>J’ai trouvé 3 fontes fabriquées par Paullet :</p>

<ul>
  <li>une égyptienne extra-large de 19 c. (manque le H et le V) ;</li>
  <li>une égyptienne “octogonale”, égyptienne aux angles biseautés (selon la typologie anglo-saxonne) de 15 c. (manque les X, V, W et Z) ;</li>
  <li>et seulement 6 lettres d’une autre égyptienne.</li>
</ul>

<p>La première remarque à faire quant à leur mode de fabrication est qu’elles sont taillées à la main dans le fil du bois (l’usage du bois de bout est quasi absent des productions françaises). Je ne suis pas en mesure d’identifier le bois utilisé, pour deux de ces fontes il est resté très dense, il doit s’agir de poirier ou de cormier, voire de noyer. La dernière fonte, la plus incomplète, est aussi celle qui a le plus mal vieilli, le bois est fendillé et les cernes de croissance ont beaucoup travaillées.</p>

<figure>
  <a href="/assets/images/Paullet-Grecque-14c-001.jpg">
  <img src="/assets/images/Paullet-Grecque-14c-001.jpg" />
</a>
  <figcaption>Caractère "octogonal" de A.F. Paullet. Chaque lettre est marquée</figcaption>
</figure>

<figure>
  <a href="/assets/images/Paullet-Egypt-8c-001.jpg">
  <img src="/assets/images/Paullet-Egypt-8c-001.jpg" />
</a>
  <figcaption>Caractères orphelins de A.F. Paullet. Chaque lettre est marquée</figcaption>
</figure>

<p>Comme les images ci-dessus le montrent, le travail est entièrement réalisé à la main, pour le contour de la lettre comme pour l’échoppage. Le talus de la lettre est très profond, entre 3 et 5 mm, et la taille de la lettre est perpendiculaire à l’œil. La trace des outils est bien nette, celle du couteau qui dégage les contours, et celles de deux ou trois tailles d’échoppe. On distingue rapidement un manque de régularité dans le tracé des lettres identiques. Si un patron a été utilisé, le graveur n’était pas très précis… Il nous faudrait un échantillon bien plus large pour évaluer la qualité des caractères de Paullet, peut-être est-on ici en présence de ces premiers bois ? On est loin, bien qu’à la même date, de la qualité revendiquée par Nesbitt, qui faisait du caractère mécanique de son procédé de fabrication un argument de vente <sup id="fnref:4" role="doc-noteref"><a href="#fn:4" class="footnote" rel="footnote">4</a></sup> . Mais les échelles de production ne sont certainement pas comparables.</p>

<p>Espérons que d’autres caractères estampillés par Paullet refassent surface et nous apportent de nouveaux éléments d’analyse.</p>

<figure>
  <a href="/assets/images/Paullet_1842_14FI-3092-det.jpg">
  <img src="/assets/images/Paullet_1842_14FI-3092-det.jpg" />
</a>
  <figcaption>Détail d'une affiche de 1842 imprimée par Paullet (Archives Municipales de Nancy, 14FI-3092)</figcaption>
</figure>

<h1 id="un-mot-sur-ce-cliché-mécanique-évoqué-dans-larticle">Un mot sur ce “cliché mécanique” évoqué dans l’article</h1>

<p>Revenons à l’article des <em>Annales</em> :</p>

<p>La partie qui nous a occupée au premier titre tient en quelques mots, mais ce n’est pas ce à quoi s’attache cet article. En effet ce n’est pas pour son activité de graveur de lettres en bois que Paullet intéresse notre journaliste, mais pour ses expérimentations techniques pour tenter dépasser ce procédé, qui, comme la fonte de grand corps, présente un certain nombre d’inconvénients.</p>

<p>Le texte mérite d’être cité en entier :</p>

<blockquote>
  <p><strong>Clichés mécaniques</strong></p>
</blockquote>

<blockquote>
  <p>Ce n’est pas toujours à Paris que prennent naissance les choses utiles plus modeste que la capitale la province travaille comme elle au perfectionnement des arts et souvent avec un égal succès. Cependant placée dans des conditions moins favorables de développement plus d’une fois ses succès sont restés ignorés et pour n’en citer qu’un exemple nous le choisissons dans l’art qui nous occupe.<br /></p>
</blockquote>

<blockquote>
  <p>Depuis deux ans M. Paullet imprimeur à Nanci [sic] (Meurthe) fabriquait des lettres en bois pour affiches. L’emploi de ces caractères, quoique fort usité, présente inconvénients, tels que le défaut d’alignement et l’extension du bois occasionnée par le lavage des formes. Aussi quelques imprimeurs ont-ils adopté les <em>lettres de fonte</em> dont cependant le prix et la pesanteur éloignent le plus grand nombre.<br />
Le terme moyen de ces deux systèmes était l’emploi des clichés ou polytypages, mode encore fort onéreux, attendu qu’il faut d abord graver des poinçons, frapper des matrices, fondre, redresser la lettre, etc., opérations toutes fort onéreuses.<br /></p>
</blockquote>

<blockquote>
  <p>M. Paullet, par un moyen aussi ingénieux qu’économique, vient de substituer la mécanique à la fonderie, et, dès ce moment, va lancer dans le commerce ses <em>clichés mécaniques</em> ses lettres pour affiches, dont la forme égale la solidité, et qui, pour la hauteur entre elles, sont d’une parité sans égale. L’œil de la lettre comporte en épaisseur trois millimètres et demi de métal, qui est le même celui des fontes ordinaires. Enfin, les produits de M. Paullet présentent encore aux imprimeurs une économie de 40 pour 100.<br />
Nous ne doutons pas du succès que doivent obtenir ces clichés. Ce sera pour l’inventeur une juste compensation des sacrifices qu’il a dû s’imposer pour arriver à de tels résultats</p>
</blockquote>

<p><a href="https://books.google.fr/books?id=mhkDAAAAYAAJ&amp;pg=PP90&amp;dq=lettres+de+fonte+paullet&amp;hl=fr&amp;sa=X&amp;ved=0ahUKEwjBkL_o2_fnAhUBqxoKHblkDRIQ6AEIXDAG#v=onepage&amp;q=lettres%20de%20fonte%20paullet&amp;f=false"><em>Annales de la typographie française…</em></a>, 1 novembre 1839, n° 17</p>

<p>Le texte développe l’argumentaire habituel dès lors qu’il est question des caractères d’affiches – à cette époque charnière ou les besoins de lettres en grand corps explosent – le coût, le poids et la fragilité des grandes “lettres de fonte” les rendent impropres à l’usage intensif qui se dessine alors.</p>

<p>Ce qui vaut cet article à notre imprimeur provincial est donc sa capacité à produire, par un procédé nouveau, le “cliché mécanique”, de grands corps à priori assez semblables à des polytypes, mais plus simples à réaliser et surtout moins onéreux à produire.</p>

<p>Mais quel est exactement ce “moyen aussi ingénieux qu’économique, [qui va] substituer la mécanique à la fonderie” ? L’article n’en dit rien, mais promet que Paullet va bientôt “lancer” sa nouveauté dans le commerce. Au vu du terme utilisé, “mécanique” opposé à “fonderie”, on peut poser l’hypothèse qu’il s’agit de la réalisation de clichés par emboutissage ou estampage sur la matière à peine refroidie par exemple. Mais difficile d’imaginer par quel moyen la réalisation de la matrice nécessaire serait moins complexe et onéreuse à produire que celle utilisée pour un polytypage (en général gravée sur bois). Il ne nous reste qu’à en retrouver la trace, car manifestement, ce procédé est encore une des nombreuses inventions du XIXe siècle à avoir fait long feu.</p>

<h1 id="bibliographie-et-sources">Bibliographie et sources</h1>

<ul>
  <li><a href="http://elec.enc.sorbonne.fr/imprimeurs">Dictionnaire des imprimeurs-lithographes du XIXe siècle</a>.</li>
  <li>Archives Nationales <a href="http://www.archivesnationales.culture.gouv.fr/chan/chan/series/pdf/ESV_F18.pdf">F18 1993</a>.</li>
  <li><a href="https://kiosque.limedia.fr/ark:/31124/dcfmzs8w422f1dl7/p3.item.r=paullet"><em>L’Espérance, courrier de Nancy</em>, 5 janvier 1843</a>.</li>
  <li><a href="https://galeries.limedia.fr/recherche/?query=paullet&amp;sort=score&amp;filter_document_type=estampe">Quelques lithographies produites chez Paullet</a>.</li>
  <li>Sur Nesbitt et les caractères bois aux États Unis, voir <a href="http://www.woodtyperesearch.com/">David Shields</a>.</li>
</ul>

<h2 id="notes">Notes</h2>

<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
  <ol>
    <li id="fn:1" role="doc-endnote">
      <p><a href="https://kiosque.limedia.fr/ark:/31124/dcfmzs8w422f1dl7/p3.item.r=paullet"><em>L’Espérance, courrier de Nancy</em>, 5 janvier 1843</a> <a href="#fnref:1" class="reversefootnote" role="doc-backlink">&#8617;</a></p>
    </li>
    <li id="fn:2" role="doc-endnote">
      <p>En témoigne la centaine de placards conservés aux <a href="http://recherche-archives.nancy.fr/archives/search/default/paullet?cDateBegin_range_date_min=1835&amp;cDateBegin_range_date_max=1858">Archives municipales de Nancy</a> <a href="#fnref:2" class="reversefootnote" role="doc-backlink">&#8617;</a></p>
    </li>
    <li id="fn:3" role="doc-endnote">
      <p>Les caractères présentés étaient en usage il y a une trentaine d’année dans une imprimerie de Haute-Marne, on peut donc en supposer (hypothèse hasardeuse sur un si petit échantillon, j’en conviens) une diffusion réduite et essentiellement locale. <a href="#fnref:3" class="reversefootnote" role="doc-backlink">&#8617;</a></p>
    </li>
    <li id="fn:4" role="doc-endnote">
      <p>Rappelons que le premier spécimen connu de caractères en bois est paru chez Nesbitt en 1838 aux États Unis, déjà, il mentionnait au titre que ses caractères étaient taillés à l’aide d’une machine, en sous-entendant ainsi la qualité. Voir à ce sujet <a href="http://woodtyperesearch.com/george-nesbitt/">l’article de David Shields</a>. <a href="#fnref:4" class="reversefootnote" role="doc-backlink">&#8617;</a></p>
    </li>
  </ol>
</div>]]></content><author><name>Éric Nunes</name><email>ampersandpresslab@gmail.com</email></author><category term="caracteres-bois" /><category term="Paullet" /><category term="caractères bois" /><summary type="html"><![CDATA[J'ai repéré il y a longtemps A. Paullet, donné pour avoir fabriqué des caractères en bois. Je viens de découvrir des caractères avec sa marque, faisons le point.]]></summary></entry><entry><title type="html">Spécimen des caractères d’affiches Deberny &amp;amp; Peignot</title><link href="https://ampersandpresslab.github.io/carnetlab/carnet/specimen-dp" rel="alternate" type="text/html" title="Spécimen des caractères d’affiches Deberny &amp;amp; Peignot" /><published>2018-12-03T00:00:00+00:00</published><updated>2018-12-03T00:00:00+00:00</updated><id>https://ampersandpresslab.github.io/carnetlab/carnet/specimen-dp</id><content type="html" xml:base="https://ampersandpresslab.github.io/carnetlab/carnet/specimen-dp"><![CDATA[<p>Un des nouveaux catalogues de caractères de la collection. Il présente les caractères d’affiches, en matière ou en bois, disponibles chez Deberny &amp; Peignot vers 1937.</p>

<h1 id="les-caractères-daffiches-de-deberny--peignot-1937">Les Caractères d’affiches de Deberny &amp; Peignot (1937).</h1>

<p>On y trouve les classiques de cette maison :</p>

<ul>
  <li>le <em>Scribe</em> de Jacno (1936) ;</li>
  <li>le <em>Peignot</em> de Cassandre (1937) ;</li>
  <li>l’<em>Europe</em> (déclinaison du Futura pour le marché français) ;</li>
  <li>le <em>Pharaon</em> (1933) ;</li>
  <li>le <em>Robur</em> d’Auriol (1912) ;</li>
  <li>le <em>Polyphème</em> (1926) ;</li>
  <li>les ornements Latour.</li>
  <li>une série d’égyptiennes et d’antiques.</li>
</ul>

<h1 id="préface">Préface</h1>

<blockquote>
  <p>Nous avons réuni dans ce fascicule, pour les imprimeurs qui désirent entreprendre des travaux d’affiche, quelques-unes des plus belles séries de notre magnifique collection de caractères d’affiches en matière et en bois. Cette documentation s’adresse aussi à nos clients qui voudraient renouveler leur matériel ou le moderniser ; elle peut éviter de longues recherches, tous les travaux habituels pouvant être exécutés avec les séries présentées, toutefois, si elles ne convenaient pas, pour certains travaux nous sommes à même d’en proposer d’autres et d’en soumettre épreuve.</p>
</blockquote>

<blockquote>
  <p>Les caractères en matière ont été présentés sur ces épreuves accompagnés de l’indication de poids et de la composition des polices minima ainsi que de la catégorie du tarif applicable à chaque série afin de permettre éventuellement l’estimation des quantités et des prix. Les caractères d’affiches en matières sont fondus évidés à partir du corps 60 pour alléger les polices, leur résistance et la qualité de nos alliages sont trop connus pour qu’il nous soit nécessaire d’insister.</p>
</blockquote>

<blockquote>
  <p>Les caractères en bois sont livrés, sauf assortiment spécial ou commandes importantes, par polices de 125, 190 ou 225 lettres dont la composition est indiquée ci-dessous. En tête de chaque série une lettre donne la catégorie du tarif à appliquer. Ces caractères sont fabriqués dans nos propres ateliers ; les bois sélectionnés utilisés et notre outillage perfectionné nous permettant d’en garantir la régularité de hauteur et la gravure parfaite.</p>
</blockquote>

<blockquote>
  <p>Que nos clients n’hésitent pas à nous consulter ou a interroger nos représentants, sur simple demande et sans aucun engagement nous établissons le devis des caractères choisis, à nos meilleurs conditions suivant l’importance de la commande éventuelle.</p>
</blockquote>

<p>Cette préface nous apprend une chose importante, la production est bien faite sur place, par la fonderie. Deberny &amp; Peignot, à cette date du moins, n’a pas recourt à un prestataire pour la réalisation de ses caractères en bois. Ça n’est pas toujours le cas dans les fonderie, et ce le sera de moins en moins après guerre.</p>

<p>Le spécimen s’achève sur une publicité pour la presse à épreuve de Deberny et Peignot.</p>

<figure class="third ">
  
    
      <a href="https://ampersandpresslab.github.io/carnetlab/assets/images/caraAffDP/Specimen-Caracteres-d-affiches_Deberny-et-Peignot_1937_0001.jpg">
        <img src="https://ampersandpresslab.github.io/carnetlab/assets/images/caraAffDP/Specimen-Caracteres-d-affiches_Deberny-et-Peignot_1937_0001.jpg" alt="placeholder image 1" />
      </a>
    
  
    
      <a href="https://ampersandpresslab.github.io/carnetlab/assets/images/caraAffDP/Specimen-Caracteres-d-affiches_Deberny-et-Peignot_1937_0007.jpg">
        <img src="https://ampersandpresslab.github.io/carnetlab/assets/images/caraAffDP/Specimen-Caracteres-d-affiches_Deberny-et-Peignot_1937_0007.jpg" alt="placeholder image 2" />
      </a>
    
  
    
      <a href="https://ampersandpresslab.github.io/carnetlab/assets/images/caraAffDP/Specimen-Caracteres-d-affiches_Deberny-et-Peignot_1937_0009.jpg">
        <img src="https://ampersandpresslab.github.io/carnetlab/assets/images/caraAffDP/Specimen-Caracteres-d-affiches_Deberny-et-Peignot_1937_0009.jpg" alt="placeholder image 3" />
      </a>
    
  
    
      <a href="https://ampersandpresslab.github.io/carnetlab/assets/images/caraAffDP/Specimen-Caracteres-d-affiches_Deberny-et-Peignot_1937_0010.jpg">
        <img src="https://ampersandpresslab.github.io/carnetlab/assets/images/caraAffDP/Specimen-Caracteres-d-affiches_Deberny-et-Peignot_1937_0010.jpg" alt="placeholder image 1" />
      </a>
    
  
    
      <a href="https://ampersandpresslab.github.io/carnetlab/assets/images/caraAffDP/Specimen-Caracteres-d-affiches_Deberny-et-Peignot_1937_0011.jpg">
        <img src="https://ampersandpresslab.github.io/carnetlab/assets/images/caraAffDP/Specimen-Caracteres-d-affiches_Deberny-et-Peignot_1937_0011.jpg" alt="placeholder image 2" />
      </a>
    
  
    
      <a href="https://ampersandpresslab.github.io/carnetlab/assets/images/caraAffDP/Specimen-Caracteres-d-affiches_Deberny-et-Peignot_1937_0012.jpg">
        <img src="https://ampersandpresslab.github.io/carnetlab/assets/images/caraAffDP/Specimen-Caracteres-d-affiches_Deberny-et-Peignot_1937_0012.jpg" alt="placeholder image 3" />
      </a>
    
  
    
      <a href="https://ampersandpresslab.github.io/carnetlab/assets/images/caraAffDP/Specimen-Caracteres-d-affiches_Deberny-et-Peignot_1937_0013.jpg">
        <img src="https://ampersandpresslab.github.io/carnetlab/assets/images/caraAffDP/Specimen-Caracteres-d-affiches_Deberny-et-Peignot_1937_0013.jpg" alt="placeholder image 1" />
      </a>
    
  
    
      <a href="https://ampersandpresslab.github.io/carnetlab/assets/images/caraAffDP/Specimen-Caracteres-d-affiches_Deberny-et-Peignot_1937_0014.jpg">
        <img src="https://ampersandpresslab.github.io/carnetlab/assets/images/caraAffDP/Specimen-Caracteres-d-affiches_Deberny-et-Peignot_1937_0014.jpg" alt="placeholder image 2" />
      </a>
    
  
    
      <a href="https://ampersandpresslab.github.io/carnetlab/assets/images/caraAffDP/Specimen-Caracteres-d-affiches_Deberny-et-Peignot_1937_0016.jpg">
        <img src="https://ampersandpresslab.github.io/carnetlab/assets/images/caraAffDP/Specimen-Caracteres-d-affiches_Deberny-et-Peignot_1937_0016.jpg" alt="placeholder image 3" />
      </a>
    
  
  
    <figcaption>Quelques images du catalogue.
</figcaption>
  
</figure>

<p>Le catalogue complet est visible sur <a href="https://www.flickr.com/photos/46165392@N05/sets/72157674150372317?fbclid=IwAR2XV7IWyQX2pJB3SmzSbNdS2YjIVZayyMOZSeH82wcm7-S7cJkpn5x-RFw">Flickr</a>.</p>]]></content><author><name>Éric Nunes</name><email>ampersandpresslab@gmail.com</email></author><category term="caracteres-bois" /><category term="spécimen" /><category term="caractères bois" /><category term="Deberny &amp; Peignot" /><summary type="html"><![CDATA[Ce catalogue présente les caractères d'affiches, en matière ou en bois, disponibles chez Deberny & Peignot vers 1937.]]></summary></entry></feed>